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Ardeur d’étoiles en ciel obscur

17 décembre 2010

Je vais raconter ceci : les penseurs, les esprits de très grande ampleur quels qu’ils soient, écrivains, donc, philosophes, historiens, m’ont toujours plu, à la façon je crois de cette parole des adultes entendue enfant et qui semblait détenir le mystère auquel il est rêvé d’être introduit.
Ils me semblent étendre au-dessus de moi un dais, un ciel (olympien?) d’étoiles où ils paraissent savoir lire, où ils ont lu, et qu’en miroitent les signes à déchiffrer pour qu’elles se relient en constellations de significations certaines – et tout à coup me parlent à l’oreille,aussi à moi.
Le déploiement de leurs livres, de leur parole lors d’une interview ou d’un séminaire, produit sur moi cet effet esthétique : cela est « beau », cela est merveilleux d’entendre Deleuze, Foucault ou Barthes parler, même si de tout ce qu’ils disent, peu s’éclaire et beaucoup demeure au-dessus, planant et miroitant du sens. Ils promettent du monde autre chose que l’espace que j’habite. Un au-delà de mes murs. Et ils me désignent un lieu d’où regarder mes murs, et alentour. Et ils le font pour moi. C’est pour les hommes qu’ils écrivent (et « pour les bêtes qui meurent », dit Deleuze, voir l’interview).

J’ajoute, quant à cet aspect esthétique de fond (être « touché » par la beauté, séduit, fasciné, emmené plutôt que vaincu par l’argumentaire de nulle adversité), que la fin de l’Ethique, sa dernière phrase, me frappe par cette sorte de retournement de Spinoza sur son œuvre qualifiée soudain de « belle » – première apparition, dans l’aride construction dévolue à la seule logique, de cette notion d’esthétique, faisant apparaître soudain – comme le voleur se trahit et signerait son crime ? – la place de la beauté (dernière, mais aussi première ?) dans l’édifice – sa construction et son sens in fine ? Je cite : « Mais tout ce qui est beau est difficile autant que rare. » où il parle des principes à suivre selon sa philosophie, et il me semble entendre, par extension, de l’Ethique elle-même. Objet esthétique, soudain, et peut-être d’emblée.

Il y a une beauté dans la pensée.

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