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Retour d’Indonésie : photos et vidéos

20 août 2010

 Voici les photos prises pendant ce long voyage d’un mois en Indonésie, sous forme de diaporama. Malgré mes coupes claires, il en demeure 536. Si vous avez la patience, il se peut que vous rêviez un peu aussi.

Notre but n’était pas, comme disent certains voyageurs, de "faire" l’Indonésie (curieuse expression d’homme craignant peut-être l’inutilité du voyage, comme s’il fallait se rassurer d’"avoir fait" tel ou tel pays : "ça, c’est fait", et le prouver aux autres ; ou s’attribuer cette triste gloire d’avoir vaincu l’étrangeté, comme une menace conjurée ? "J’ai fait l’Indonésie", l’Indonésie ne m’est plus étrangère, elle est mienne, j’ai défait son étrangeté – quand il faudrait je crois s’y laisser plutôt prendre et conduire).

Le pays est immense, la seule île de Sumatra est plus grande que la France. Nous avons pris notre temps, très éloignés d’une idée stakhanoviste de rentabilité effrénée du séjour. Notre guide, c’était nos envies et nos appétits, notre paresse aussi s’il en était, peu stressés à l’idée d’avoir "manqué" telle ou telle chose, sachant goûter ce qui venait et tout l’inattendu. Car peu sensibles aux propos attendus de collègues par exemple, du genre "Ah tu n’as pas fait le mont Bromo ? C’est vraiment le spot à faire, c’est à voir absolument. C’est dommage, on ne peut pas dire que tu as vraiment vu l’Indonésie si tu n’as pas fait le Bromo" et autres concours de "J’ai fait l’Indonésie mieux que toi". Pour tout dire, ce genre de rivalités d’amours-propres de voyageurs (?) nous indiffère, établies toutes à l’aune de ce qu’en croient ceux qui "font" tant de pays et qui craignent au fond la réalité : on n’en "fait" aucun.

Le pays est immense, et d’une diversité géographique, culturelle et ethnique impressionnante. Nous qui n’avons mis les pieds qu’à Java, Bali et Lombok, nous avons pu faire néanmoins très sensiblement l’expérience de ces différences. Rien de commun par exemple entre la douce et riche Bali et la fière et aride Lombok, entre l’aménité des Balinais et la rudesse des Sassaks, entre Java la musulmane mâtinée d’hindouisme, Bali l’hindou – non : la balinaise – et Lombok où nous avons connu le strict ramadan ; entre Yogyakarta la sultane et Mataram la décontractée, la triste Senggigi, le paradis des îles Gili ou l’affolante mégalopole de Jakarta ; entre les ramasseurs d’algues de Lembongan, les ouvriers agricoles de Seasot et les marchands du Cakra Market à Mataram.

Le trajet que nous avons suivi s’est déroulé d’est en ouest.

Java tout d’abord, où nous sommes demeurés à Jogjakarta (ou Yogyakarta) et où nous avons pu voir le Kraton (le palais du sultan). De là, nous sommes allés voir les temples hindous de Prambanan (IXe siècle). A Borobudur, où nous avons pu visiter pendant quelques jours le temple bouddhique du VIIIe siècle et les environs de la ville. L’hôtel où nous logions fêtait ses dix ou vingt ans (je ne sais plus), et avait organisé pour cela des fêtes avec chants et danses traditionnels, ainsi qu’un concours de chants de "bekishars", coqs sauvages de la jungle dont le cri spécifique est très apprécié (cependant assez peu par nous pendant la nuit, il faut le reconnaître, où nous rêvions d’un consommé de bekishar à chaque cri qui nous empêchait de dormir). L’hôtel organisait aussi les épreuves de chant traditionnel pour les enfants des écoles, auxquelles nous avons été très gentiment invités à assister.

Carte de Java

Bali ensuite, où après une journée à Sanur nous sommes partis sur la petite île de Lembongan. Là se sont déroulés mes cours de plongée sous-marine où j’ai obtenu mon PADI. C’est alors que nous sommes revenus sur ‘île de Bali et nous sommes basés à Ubud, pour sillonner la région avec une moto (itinéraires en rose sur la carte). Nous avons eu la chance, grâce à notre hôte, d’assister aux cérémonies exceptionnelles du temple de la Monkey Forest à Ubud. Mais nous sommes aussi montés jusqu’au volcan du Gunung Batur, et avons parcouru les rizières et découvert de nombreux petits villages, allant au gré des plus petites routes et de nos envies.

Carte de Bali

Puis nous avons pris un bateau pour les îles Gili à Lombok, et plus précisément pour Gili Air, moins "party dancers" que Gili Trawangan. Là, ce fut repos et fare-niente, plongée avec tuba entouré de poissons et de tortues de mer, une plongée-scaphandre en duo pour l’anniversaire de Mai, coktails de fruits, douces discussions avec Sethi et sa compagne Ikan, un bungalow de rêve, la douceur de vivre.

Nous avons ensuite débarqué sur l’île de Lombok même, plus rude, où nous avons séjourné d’abord à Senggigi. Là, nous avons loué une moto et pris la route  côtière jusqu’aux cascades de Gangga, suivant la superbe côte.

Puis une voiture nous a menés au sud de l’île, à Kuta plus précisément, où nous avons découvert un lieu plus aride, plus dur aussi, aux routes défoncées et difficiles pour la moto. Nous avons assisté au marché de Kale, fait beaucoup de route pour le plaisir (malgré la chaleur forte et le mal de fesses et de dos). Nous avons traversé des villages sassaks faits de simples maisons aux murs en palmes tissées et aux sols en terre battue, parfois cachés dans des sous-bois sombres, notamment lors d’un long périple quelque peu éprouvant menant vers Awang puis Mujur.

Enfin, nous sommes remontés en voiture pour Mataram, où nous avons choisi pour notre confort et récompense un très bel hôtel avec piscine et spa. Là, nous avons de nouveau loué une moto pour par découvrir les campagnes, allant jusqu’à Seasot où des camions chargés d’ouvriers et ouvrières agricoles revenaient des champs de bananiers et de cocotiers, et où nous avons croisé des gardiens avec des fusils (pourquoi ? nous l’ignorons toujours). Ce jour-là, le ciel sombre donnait aux sous-bois une atmosphère irréelle.

La période de ramadan rendait difficile qu’on puisse déjeuner à midi, et nous ne sortions que très discrètement notre bouteille d’eau pour nous désaltérer. J’ai pu comprendre enfin l’expression "temps de carême" et "tête de Carême", bref ce que fut jusqu’au XVIe siècle en France l’expérience du jeûne.

La visite au temple de Pensong nous fit retrouver le charme de l’hindouisme balinais par la rencontre de jeunes hindouistes nés à Bali qui séjournaient au temple. S’apprêtant à déjeuner, ils nous convièrent à partager leur repas. Je n’oublierai pas ce moment de partage et de rires communs, cette joie, sur on se sait quoi au juste, personne ne se comprenant véritablement parmi les lambeaux d’anglais, mais heureux de s’être découverts avec l’étrangeté qui sépare et amuse.

La nécessité du shopping nous fit enfin visiter les marchés, marchander, acheter. Un autre plaisir, et d’autres sources d’amusement, ayant choisi un marché local où l’on parlait peu l’anglais, et où le marchandage s’est fait parfois crayon en main, dans un amusant dialogue de chiffres (lui : "75" – moi : "20" – lui : "50" – moi : "30" souligné pour indiquer "dernier prix" – lui : "OK").

Carte de Lombok

C’est par avion que nous avons ensuite rallié à Java Jakarta , et fait la courte expérience d’une mégalopole d’un pays émergeant. Décrire ce que nous avons ressenti et vu dans cette seule journée passée à Jakarta en pleine fête de l’Indépendance me demanderait plus de temps et de talent que je n’en ai. Et les photos parlent peu de ce qui ne ressemble pas à ce que nous savons des villes et de l’urbanisme, qui ne connaissons pas les trottoirs défoncés à travers quoi puent les égoûts à ciel ouvert et tout ce qu’ils charrient vers des rivières glauques et nauséeuses. J’aimerais mieux décrire tout cela, tant la vie qui cherche à vivre alors dans tout ce béton disjoint fascine. Le coup de chaud et de fatigue furent au rendez-vous de cette ville, aussi, et nous nous y sommes épuisés en moins de six heures.

Et le taxi nous a emmenés à l’aéroport, un avion à Abu Dhabi, un autre à Charles de Gaulle, où notre premier contact avec des Français se fit avec la police, dès la descente, par un contrôle des passeports, chose qui n’était survenue ni à Abu Dhabi, ni à Jakarta, ni à Jogjakarta, ni à Denpassar, ni à Mataram.

Voici maintenant le diaporama, si vous disposez de temps pour voir ce que mes mots ont jusqu’à présent désigné et disposé.

                         http://picasaweb.google.fr/s/c/bin/slideshow.swf

 

Voici également des vidéos :

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

From → Voyages

9 commentaires
  1. ashdee permalink

    Bonjour Benjamin. Merci pour ce billet racontant ton périple. C’est bien écrit, bien décrit et j’aime ton concept de voyage. Merci pour les photos (de bananes et de noix de coco entre autres), ainsi que pour les vidéos (celles où tu pilotes la moto sont trop marrantes).

  2. ashdee permalink

    Je reviendrai sur ce billet pour tout "digérer", là c’est la deuxième fois et j’ai besoin de revenir pour bien saisir les nuances (que tu expliques fort bien) entre toutes ces îles. Tu avais bien fait d’emporter ton chapeau en tout cas!Merci à la belle Mai pour (son joli sourire permanent) et pour les risques qu’elle a pris pour nous faire les vidéos (surtout celle où tu rates le passage d’une vitesse). Bravo pour cette belle "carte postale", c’est superbe, grandiose, très exotique.

  3. ashdee permalink

    Merci mille fois (c’est du boulot pour faire le résumé).

  4. ashdee permalink

    J’espère que le chauffeur t’a laissé conduire l’avion un petit peu pour le retour.

  5. Benjamin permalink

    Ashdee, tes commentaires m’ont fait très plaisir, et je t’avoue que je les attendais un peu. Je suis très heureux de pouvoir partager un peu de ce voyage si dépaysant à l’autre bout du monde. Merci en tout cas pour le temps que tu as pris, en espérant que tu n’as pas fusillé quand même une journée complète de RTT 😉

  6. Benjamin permalink

    Oui, l’énergie et l’optimisme de Mai me ravissent, et m’aident souvent contre ma propension à l’aquoibonnisme et aux idées parfois grises. C’est elle qui a eu l’idée de filmer pendant qu’on roulait, car ce sont des moments heureux (j’aime la route en général, et la "bike" en particulier), qui donnent une bonne image de ce que nous vivions alors.

  7. Benjamin permalink

    Pour le passage de vitesse, j’ai des circonstances atténuantes : je filmais en même temps, et j’avais du mal à rétrograder tout en tenant l’appareil. Ah mais ! ;))

  8. Loofy permalink

    wahoumême commentaires qu’Ashdeec’est fou comme c’est dépaysant en banlieu, hein Ben ?! ;-)))et pour te remonter le moral pour ton retour dans notre magnifique paysrappelles-toi que quand (la) Java s’en va, je jazz est là !!! ;-)))merci pour le voyage

  9. Benjamin permalink

    Salut Loofy, ça fait plaisir de lire tes coms, et ça suffit déjà à me remonter le moral. J’ai d’ailleurs des semaines de "Loofy" à rattraper en allant sur ton blog. C’est programmé pour ce soir !

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