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Titre (obligatoire)

12 mai 2010
Mystique 

Sur la pente du talus les anges tournent
leurs robes de laine dans les herbages d’acier et d’émeraude.
Des près de flammes bondissent jusqu’au sommet du mamelon. A gauche
le terreau de l’arête est piétiné par tous les homicides et toutes les
batailles, et sous les bruits désastreux filent leur courbe. Derrière
l’arête de droite la ligne d’orient, des progrès.
Et
tandis que la bande en haut du tableau est formée de la rumeur tournante
et bondissante des conques des mers et des nuits humaines.
La douceur fleurie des étoiles et du ciel et du reste descend en face
du talus comme un panier, contre notre face, et fait l’ abîme fleurant
et bleu là-dessous.

Arthur Rimbaud

From → Arthur Rimbaud

16 commentaires
  1. mafifan permalink

    Toute l’humanité bruyante et guerrière …entre la douceur des cieux étoilés et la tendance d’aller vers l’abîme bleu du fond des mers …c’est ainsi que je le ressens!

  2. Benjamin permalink

    C’est ainsi qu’un poème de Rimbaud se comprend : il se ressent et provoque la parole poétique.

  3. Loofy permalink

    un peu comme avec d’autres poèmes comme par exempleà la queue leu leu…;-)

  4. Benjamin permalink

    surtout leu leu

  5. Angel permalink

    il faut le lire avec son coeur, pas avec son esprit analytiquejuste sentir la vibration qu’il provoque

  6. Michel permalink

    "C’est ainsi qu’un poème de Rimbaud se comprend : il se ressent et provoque la parole poétique."Tu veux pas me refaire cours, dis ? 🙂

  7. ashdee permalink

    Si ça s’trouve il fumait, Rimbaud?

  8. ashdee permalink

    … troisième whisky et je vois toujours pas les anges …Je vais tenter un quatrième pour voir les étoiles au moins, ou le panier.

  9. Benjamin permalink

    "Si ça s’trouve" ? Ashdee, Rimbaud a écrit le poème "H"… Et il dit ailleurs : "Voici le temps des Assassins", les haschichins, que la drogue aidait au crime. Et Baudelaire prisait l’opium. Rimbaud cherchait "le dérèglement raisonné de tous les sens". Cela dit, on a trop insisté sur "dérèglement", quand l’adjectif "raisonné" est plus passionnant encore. Un "dérèglement raisonné" ? Il y a aurait donc une "logique" à ce dérèglement ? Comme il le dit lui-même à son prof Izambard : "ça ne veut pas rien dire". Magnifique phrase, celle-là : "ça ne veut pas rien dire". Non, "ça ne veut pas".

  10. ashdee permalink

    Benjamin, j’espère que tu n’es pas désolé de mes com’ désolants. Quelquefois j’hésite, j’ai honte.Tu me fais penser à cette prof’ de musique-arts qui s’évertuait à me faire apprendre le solfège, à me faire écouter des Chopin, Mozart, Beethoven, Haydn, Haendel et autres. Elle était perspicace, ne s’est jamais découragée devant la désolation: moi.Elle a eu raison car aujourd’hui j’écoute ces compositeurs. Elle aimait son art et je sentais bien à cette époque, ne s’arrêtant pas devant mon "hermétisme". Au fond de moi je la trouvais excellente; pas de sanction malgré mon refus, nous n’avons pas eu de conflit.Je rejoins tout à fait Michel, et comme je le comprends!

  11. ashdee permalink

    … d’ailleurs, je vais te prouver qu’un jour je m’ouvrirai à la poésie. J’ai décidé de commencer à en écrire un."Soudain, ".J’ai pas encore le titre, je le mettrai à la fin. J’hésite …. peut-être "Les Feuilles du Bien", parce que "Les Racines du Mal" existent déjà.

  12. ashdee permalink

    A la suite de ton billet, j’ai lu la biographie de Arthur Rimbaud. C’est déjà pas si mal; non?Tu vois bien que t’es excellent, Benjamin. Puisqu’on te le dit!

  13. Benjamin permalink

    Non Ashdee, je ne suis ni désolé ni transformé en Venus de Milo à force de bras qui m’en tombent. Tu me fais toujours beaucoup rire, et cela introduit de beaux contrepoints. Ce que je n’aime pas, en revanche, c’est que tu parles de toi, même si c’est uniquement pour la musique, avec ce terme de "désolation". Des "désolants", j’en rencontre assez dans mes cours pour savoir ce que c’est, et n’en connais pas ici.Pour ton poème "Soudain", je ne te cache pas qu’il va vite, et que j’ai à peine eu le temps de le lire qu’il était déjà fini. Quel art de la frustration ! Cela me rappelle une anecdote qu’on cite de Voltaire. Il s’amusait avec je ne sais plus qui à écrire en latin la phrase la plus courte. Son ami écrit : "Eo rus." (Je vais à la campagne), à quoi il répond alors simplement : "I" (vas-y).Bonne journée !

  14. Michel permalink

    Celui qui sait se trouver con l’est de loin bien moins que celui qui ne sait pas. Aphorisme du jour especially dedicated to Ashdee. 😉

  15. Michel permalink

    Et qu’on ne me parle pas d’esprit de synthèse, ça me ferait penser à une réplique de Blier dans un vieux film d’Audiard : "Vous, vous êtes une synthèse !" 😀

  16. Benjamin permalink

    Entièrement d’accord avec Michel !

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