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Pas toi

25 janvier 2010
ça y est, j’en n’étais pas. C’était dans le métro (le tromé). Deux djeunzes environ dix-huit ans. Ils parlaient français, mais avec un accent de banlieue si prononcé -je dirais : à couper le couteau – que "ma parole!" je ne comprenais quasiment rien de leur dialogue. Je ne mens pas. Pour la première fois, j’ai eu le sentiment d’une sorte de patois véritable. Une langue "à côté", un "québécois" marqué de la métropole. Et cela m’a rappelé ce vieux paysan breton rencontré il y a vingt ans, et qui me parlait de temps en temps, et dont je ne comprenais par-ci par-là que quelques mots dans une suite incompréhensible de sons complexes plus ou moins enthousiastes.

From → Société

18 commentaires
  1. Malouine du Finistère permalink

    Tu entendais le patois des banlieues… le Breton est une langue… Kenavo !

  2. ashdee permalink

    Il parlé pe têt en sms? Soi rassuré, moa non + J conpren ri1

  3. Benjamin permalink

    Malouine, je sais! Il parlait français, mais avec un accent et un débit si différents du mien, que c’était incompréhensible. Il se trouve qu’il était breton, mais ç’eût été la même chose berrichon. C’est qu’il avait un accent paysan.Ex. que citait ma mère entendu enfant : "Tin bon la ridelle Marie la bate a va couri" (Tiens bon la ridelle Marie, la bête elle va courir).

  4. Benjamin permalink

    Et même, cela donnait : Tinbonlalidèlmali, labatavacouli.

  5. Benjamin permalink

    Leur ton était si saccadé et la voix si sourde qu’ils se faisaient souvent répéter, ne se comprenant pas toujours. Il faut dire qu’ils étaient en même temps occupés l’un avec son téléphone portable et l’autre à regarder dehors, si bien qu’ils se parlaient sans se regarder. Pour autant, quand l’autre manifestait son incompréhension, chacun se contentait de marmonner derechef, seulement un peu plus agressivement et donc plus vite, sans quitter pour autant son occupation solitaire.

  6. mafifan permalink

    Si cela se passait sur la plateforme de l’autobus S…on penserait à ce texte qui reprend la même phrase dans des formes de langages les plus variés …"Exercices de styles" repris par Raymond Queneau !http://bludog.over-blog.com/article-12077498.html

  7. Benjamin permalink

    Bref, au lieu de se regarder pour ajouter la communication non verbale à leur communication assourdie, ils renchérissaient dans la prononciation saccadée quand ils ne se faisaient pas comprendre. Je pensais à ces groupes humains où l’on ne vous parle pas en face, par respect et par crainte d’un possible conflit si les yeux se rencontrent. On se parle, mais comme si on ne se parlait pas, pour éviter tout possible heurt. C’est comme des relations sans relation.

  8. ashdee permalink

    Benjamin, t’aurais pas dû aller voir Avatar. Tu vois le mal partout maintenant!

  9. Benjamin permalink

    Oui Ashdee, ce que je raconte n’est pas très intelligent, c’est vrai. J’essaie de comprendre mais il me manque les codes, et je ne fais que juger à travers les miens.

  10. ashdee permalink

    Détrompes-toi Benjamin; c’est très intéressant au contraire! Si ça s’trouve, ils venaient d’une autre planète.

  11. Ode permalink

    Excusez- moi Mr Ashdee -gorille sauvage, mais ils ont un côté "primate" ces deux-là.

  12. ashdee permalink

    Charmante Ode, je ne sais pas si je dois vous excuser. Je sais pas, je vais réfléchir.

  13. Benjamin permalink

    Molière, Dom Juan, Acte II scène 2 :Pierrot raconte à Charlotte comment il a sauvé Dom Juan et Sganarelle de la noyade."Aga, guien, Charlotte, je m’en vas te conter tout fin drait comme cela est venu; car, comme dit l’autre, je les ai le premier avisés, avisés le premier je les ai. Enfin donc j’estions sur le bord de la mar, moi et le gros Lucas, et je nous amusions à batifoler avec des mottes de tarre que je nous jesquions à la teste; car, comme tu sais bian, le gros Lucas aime à batifoler, et moi par fouas je batifole itou. En batifolant donc, pisque batifoler y a, j’ai aperçu de tout loin queuque chose qui grouillait dans gliau, et qui venait comme envars nous par secousse. Je voyais cela fixiblement, et pis tout d’un coup je voyais que je ne voyais plus rien. "Eh! Lucas, ç’ai-je fait, je pense que vlà des hommes qui nageant là-bas. – Voire, ce m’a-t-il fait, t’as esté au trépassement d’un chat, t’as la vue trouble. – Palsanquienne, ç’ai-je fait, je n’ai point la vue trouble: ce sont des hommes. – Point du tout, ce m’a-t-il fait, t’as la barlue. – Veux-tu gager, ç’ai-je fait, que je n’ai point la barlue, ç’ai-je fait, et que sont deux hommes, ç’ai-je fait, qui nageant droit ici? ç’ai-je fait. – Morquenne, ce m’a-t-il fait, je gage que non. – O! çà, ç’ai-je fait, veux-tu gager dix sols que si? – Je le veux bian, ce m’a-t-il fait; et pour te montrer, vlà argent su jeu" , ce m’a-t-il fait. Moi, je n’ai point esté ni fou, ni estourdi; j’ai bravement bouté à tarre quatre pièces tapées, et cinq sols en doubles, jergniguenne, aussi hardiment que si j’avais avalé un varre de vin; car je ses hazardeux, moi, et je vas à la débandade. Je savais bian ce que je faisais pourtant. Queuque gniais! Enfin donc, je n’avons pas putost eu gagé, que j’avons vu les deux hommes tout à plain, qui nous faisiant signe de les aller quérir; et moi de tirer auparavant les enjeux. "Allons, Lucas, ç’ai-je dit, tu vois bian qu’ils nous appelont: allons viste à leu secours. – Non, ce m’a-t-il dit, ils m’ont fait pardre." Ô! donc, tanquia qu’à la parfin, pour le faire court, je l’ai tant sarmonné, que je nous sommes boutés dans une barque, et pis j’avons tant fait cahin caha, que je les avons tirés de gliau, et pis je les avons menés cheux nous auprès du feu, et pis ils se sant dépouillés tous nus pour se sécher, et pis il y en est venu encore deux de la mesme bande, qui s’equiant sauvés tout seul, et pis Mathurine est arrivée là, à qui l’en a fait les doux yeux. Vlà justement, Charlotte, comme tout ça s’est fait."

  14. ashdee permalink

    Alors, tu penses que ces deux personnes parlaient en molière?

  15. Benjamin permalink

    Oui, des mots-lierres, qui s’accrochent et montent comme ils peuvent sur le tronc commun de la langue.

  16. Loofy permalink

    et les mots-lierres prennent Racine à La Fontaine ?oups

  17. Benjamin permalink

    Et sous l’arbre duquel on baille aux corneilles. 😉 Merci Loofy, je savais que les mots-lierres ne te laisseraient pas de marbre.

  18. mafifan permalink

    ça me rappelle l’aide mémoire dont mon père me parlait pour retenir les noms des écrivains du XVII ème siècle :Une Corneille ,sur la Racine d’une Bruyère ,Boileau de La Fontaine Molière …j’aimais bien ce tableau bucolique!

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