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Quand des Minsistres pensent avec les mots vides de l’inculture et sans l’appui de fondements théoriques solides

27 décembre 2009
Voici le texte d’introduction au "grand débat" sur l’identité française. Une dangereuse "soupe aux mots" en toute inculture. Et tout l’art de la sophistique.

"Le mot d’Eric BESSON

31/10/09


Qu’est ce qu’« être Français » aujourd’hui ? La création, en France, en 2007 d’un ministère chargé de l’identité nationale…



Si la création, en France, en 2007, d’un ministère chargé de l’identité
nationale a provoqué de vives polémiques, le lancement d’un débat sur
le sujet a suscité un grand intérêt auprès des Français, mais a aussi
relancé ces controverses. Car parler de Nation est devenu politiquement
incorrect. Beaucoup préfèrent les notions plus consensuelles de
démocratie, de citoyenneté ou de République. D’autres contestent le
rapprochement des termes d’identité nationale et d’immigration, censé
contenir de grands dangers pour la France. Le mot « Nation » serait
trop sensible pour être rapproché de celui d’« immigration », alors
même que cette Nation s’est constituée, depuis l’origine, par des
vagues successives d’immigration.



Pourtant, la Nation fut aussi synonyme, dans notre histoire,
d’émancipation, de liberté, de démocratie, de citoyenneté, et de
République. Mais les dérives du nationalisme, le développement de
nouvelles formes de communautarisme et de régionalisme, la construction
progressive d’une identité européenne, et la mondialisation accélérée
des échanges, apparaissent à certains comme susceptibles de remettre en
cause l’idée même de Nation.



La question maintes fois posée de savoir ce qu’est une Nation, et ce
qu’est le sentiment national, qui fait que des individus s’identifient
corps et âme à d’autres individus qu’ils ne connaissent pourtant pas,
me semble plus que jamais d’actualité. Cette question ne doit être le
monopole ni des partis politiques, ni des historiens, ni des
intellectuels. Elle appartient à tous, elle appartient au peuple. Tel
est l’objet de ce grand débat sur l’identité nationale, qui doit, grâce
aux contributions apportées sur ce site Internet, et dans les réunions
organisées sur l’ensemble de notre territoire, aboutir à des
propositions concrètes, permettant de renforcer notre cohésion
nationale et de réaffirmer notre fierté d’être Français.



Le grand débat est ouvert ! "

Commentaires personnels sur le texte :

"Le mot d’Eric BESSON
31/10/09
Qu’est ce qu’« être Français » aujourd’hui ? La création, en France, en 2007 d’un ministère chargé de l’identité nationale… [Que signifient ces points de suspension ? Que veulent-ils suggérer comme non-dit, et par conséquent comme connivence, genre "on s’comprend" ? Un discours politique doit éviter au maximum les sous-entendus équivoques s’il ne veut pas déclencher le n’importe quoi chez ceux qui l’écoutent et l’entendent comme ils veulent bien l’entendre, surtout sur un tel sujet].

Si la création, en France, en 2007, d’un ministère chargé de l’identité
nationale a provoqué de vives polémiques, le lancement d’un débat sur
le sujet a suscité un grand intérêt auprès des Français ["un grand
intérêt" et non pas "de vives polémiques", donc. Ce qui laisserait
entendre que ce "grand intérêt" ne serait pas d’ordre polémique, même
si l’ambiguïté du propos peut permettre de dire que ce "grand intérêt"
vient aussi de la polémique. Mais ainsi énoncé, comme en opposition à
"vives polémiques", "grand intérêt" n’est pas loin de connoté "vive
adhésion", n’est-ce pas ? Ou comment suggérer l’idée d’adhésion]
,

mais a aussi relancé ces controverses [CQFD. "grand intérêt" se démarque donc de "controverses"].

Car parler de Nation est devenu politiquement incorrect [Donc les controverses sont l’effet d’une simple éthique
socioculturelle des bienséances appartenant aux bien-pensants (de
gauche). Réduire des opinions politiques fondées sur la réflexion
philosophique de penseurs, comme Platon ou Rousseau par exemple, à de
simples opinions liées au goût et aux habitudes d’une classe sociale,
c’est nier leur force politique et philosophique pour les affaiblir, et
s’attaquer par-là à cette même classe – pour se venger de ses trente ou
quarante ans d’hégémonie? Mais, malgré leurs tribulations historiques
et sociales, les idées (concepts) politiques ne se réduisent pas à des
opinions de goût].

Beaucoup préfèrent ["préfèrent" : c’est donc bien réduire la pensée
politique à une question de goût ; d’autres préfèrent – par excès de
raffinement ? – la glace parfum fraise des bois au steak haché]
les
notions plus consensuelles [plus consensuelles, donc concernant tous
les êtres grégaires, les faibles, les moutons pas couillus]
de
démocratie, de citoyenneté ou de République [Et en quoi le fait que les
Français s’accorderaient majoritairement sur ces concepts les
disqualifieraient-ils ? Simplement parce qu’au lieu de dire "adoptées
majoritairement" on dit "plus consensuelles", et qu’elles sont ainsi disqualifiées au nom
de la virilité de la pensée – plutôt que de sa justesse].

D’autres contestent le rapprochement des termes d’identité nationale et
d’immigration, censé contenir de grands dangers pour la France. Le mot
« Nation » serait trop sensible pour être rapproché de celui d’«
immigration », alors même que cette Nation s’est constituée, depuis
l’origine, par des vagues successives d’immigration. [Grande pauvreté
ici de l’argumentaire et de la réfutation. Il faut dire que l’opinion adverse exposée dans le texte est elle-même
si vidée de ses contenus par l’auteur, que balayer ainsi ce qu’on en a
laissé ne demande guère de sérieux intellectuel.]

Pourtant, la Nation fut aussi synonyme, dans notre histoire,
d’émancipation, de liberté, de démocratie, de citoyenneté, et de
République. Mais les dérives du nationalisme, le développement de
nouvelles formes de communautarisme et de régionalisme, la construction
progressive d’une identité européenne, et la mondialisation accélérée
des échanges, apparaissent à certains comme susceptibles de remettre en
cause l’idée même de Nation.

La question maintes fois posée de savoir ce qu’est une Nation, et ce
qu’est le sentiment national, qui fait que des individus s’identifient
corps et âme à d’autres individus qu’ils ne connaissent pourtant pas,
me semble plus que jamais d’actualité ["me semble"… "mihi placet",
"il me plaît de…" disait le Roi. Et cela suffit comme raison.
Relisons "Le Loup et l’Agneau" : la loi du plus fort est toujours la
meilleure, etc.].

Cette question ne doit être le monopole ni des partis politiques, ni
des historiens, ni des intellectuels [1. pourquoi ? – 2. pourquoi mettre sur le même plan "partis
politiques", "historiens" et "intellectuels", quand les premiers n’ont
pas du tout les mêmes objectifs ni la même fonction que les deux autres
? – 3. pourquoi séparer "historiens" et "intellectuels" ? Quelle idée
du monde des savants cela révèle-t-il ? En quoi les "intellectuels" ne
seraient pas des "historiens", et les "historiens" ne seraient pas des
"intellectuels" ? Peut-être parce qu’on imagine les historiens comme
des "experts" objectifs – ce qui est bien faux – et les "intellectuels"
comme des polémistes de l’instant sans liens avec quelques
connaissances historiques – ce qui est vrai… pour les plus
superficiels d’entre eux, j’entends les plus médiatiques ; par-là les
plus commodes.].

Elle appartient à tous, elle appartient au peuple [Tiens, le revoilà !
Il est toujours là quand on a besoin de lui. Voir les études de Jacques
Rancière à ce sujet, concernant la notion de "peuple" et ses multiples
usages à titre polémique].

Tel est l’objet de ce grand débat sur l’identité nationale [Je ne
comprends pas ce passage. Quel est donc "l’objet" de ce débat ? Est-ce,
du point de vue de la syntaxe, "le peuple" ? Ou bien est-ce tout ce
qu’on vient de dire ? Et dés lors, ne confond-on pas de façon bien
embrouillée – sinon embrouillante – sous le terme "objet" plusieurs
sens, j’entends d’une part "sujet d’étude et de réflexion", d’autre
part "objectif" – ce qu’on veut obtenir- et enfin "cause" – les raisons
pour lesquelles on ouvre un débat ?]
,

qui doit [Pourquoi ? Quel est l’impératif ici catégorique ? Qu’est-ce
qui l’exige ? Là encore, providentielle ambiguïté du terme "devoir" :
nécessité d’ordre "physique", "logique" ou "éthique"? Le français ne
distingue pas entre müssen – de l’ordre de la nécessité inéluctable,
bref de la contrainte – et sollen – relevant du devoir éthique et
moral, et donc du choix]
,

grâce aux contributions apportées sur ce site Internet, et dans les
réunions organisées sur l’ensemble de notre territoire, aboutir à des
propositions concrètes [Ah! le sacro-saint concret, à quoi chacun doit
se soumettre et rendre les armes! Mot valant toutes les injonctions.
C’est donc bien au nom du CONCRET qu’on DOIT – tautologie
sophistique.]
,

permettant de renforcer notre cohésion nationale et de réaffirmer notre
fierté d’être Français [Voici donc un objectif. Tout ce débat doit
viser à "réaffirmer notre fierté d’être Français". C’est sont but
prescrit, et quiconque s’y inscrit doit participer de cet effort. Ce
qui suppose alors d’accepter 1.) qu’il faut être fier d’être Français ;
2) que cette fierté assurerait la cohésion nationale ; Or, j’en doute,
et l’Histoire nous permet d’en douter. Car c’est faire reposer la
cohésion nationale sur un sentiment – les philosophes diraient une "passion" – plutôt que sur un fondement d’ordre rationnel – comme par
exemple un "contrat social" pour parler comme Jean-Jacques Rousseau. Et
les passions sont loin d’assurer la cohésion, déjà chez le sujet
qu’elles gouvernent.]

Le grand débat est ouvert ! [Je poursuis : "dans les conditions ainsi
posées" Tourne qui voudra dans le manège ainsi délimité ; je vais pour
ma part aller lire ailleurs pour me cultiver et exercer ma pensée à ce
qui est susceptible de mieux l’éduquer et l’instruire]
"

From → Société

3 commentaires
  1. ashdee permalink

    Benjamin, là tu casses un peu l’ambiance!On avait dit pas de politique entre Noël et le jour de l’An.C’est très intéressant tout ça; je reviendrai pour une deuxième lecture, le temps de digérer la première. Ton analyse me paraîttrès judicieuse. Merci de nous la faire partager. Sans rancune!

  2. Benjamin permalink

    Hello Ashdee, heureux de lire tes coms derechef.J’ai réécrit un peu les textes car à la relecture je l’ai ai trouvés un peu obscurs parfois et tarabiscotés. J’espère qu’ils seront plus clairs maintenant.Merci de ta lecture 🙂

  3. mafifan permalink

    explication de texte comme on faisait en classe à relire à tête reposée ! là dessus d’accord avec ashdee .

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