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Des réflexions de lecteurs sur la Montagne magique, trouvées sur Internet

28 septembre 2009

http://impassesud.joueb.com/news/mann-thomas-la-montagne-magique-1924
Vaguement ennuyée par « La Mort
à Venise », c’est avec grand plaisir que j’avais lu « Les
Buddenbrock », il y plusieurs années. Forte de ce souvenir et
encouragée par les critiques relatives à « La Montagne magique », je me
suis lancée avec enthousiasme dans ce roman-miroir comme l’appellent
certains, roman-initiatique, roman-essai, roman-pédagogique ou
roman-philosophique pour d’autres, un chef-d’œuvre sans aucun doute.
Quoi qu’il en soi, son épaisseur ne me faisait pas peur. Les « Buddenbrook » est aussi un roman très épais, mais sa facture est beaucoup plus « classique » et plus proche de nos habitudes de lecteurs que la « Montagne magique ». « La Mort à Venise » est d’une facture plus proche de la Montagne. Le problème pour le lecteur n’est donc pas la longueur du récit, mais sa facture plus ou moins habituelle ou déroutante.
Mais bien
que charmée et même passionnée par les premières réflexions,
impressions, descriptions, élaborations, précisions, considérations,
informations, introspections, etc. de l’auteur sur l’évolution de deux
mondes malades, l’un étant la métaphore de l’autre (le microcosme
d’aristocrates et de bourgeois tuberculeux qui vit, dans le confort,
une réalité douloureuse et lénitive mais presque irréelle, et l’Europe
décadente du début du XXe siècle que la modernité ne peut pas sauver) Je ne trouve pas que ce parallélisme soit si clairement « filé » dans le roman, surtout au début. C’est avec l’apparition de Settembrini, symbolisant toute la culture humaniste en crise », que le « miroir » avec la société de l’époque se précise ;
bien que le passage du temps devienne peu à peu plaisamment
imperceptible et tranquillisant, mais surtout sans importance dans un
monde aux horaires immuables et aux actions rares, je dois avouer que
le rythme de ma lecture est allé decrescendo, et qu’aux trois quarts du
livre j’ai abandonné, le laissant en attente sur ma table de chevet
pendant quelques mois. C’est amusant, moi c’est tout l’inverse. Les 200 à 300 premières pages ont été fastidieuse pour moi, et ma lecture est allée au contraire crescendo par la suite. Je ne l’ai repris qu’il y a quinze jours, pour
le finir, mais mon enthousiasme avait disparu. L’apparition de
Peeperkorn, les séances de spiritisme, la fin de Naphta, les réflexions
sur la musique me sont presque devenues insupportables par leurs
détails. C’était trop ! Puis tout se termine en quatre pages, vers le
retour brusque à la réalité de la plaine qui n’est qu’horreur et mort,
comme si le ressort s’était cassé, ou comme si l’auteur lui-même,
las, – ce soupçon m’a effleurée -, avait tout à coup décidé d’en finir. Je ne suis pas d’accord du tout avec cette interprétation de la fin du roman, de cette scène de guerre incroyable sur quatre page. Moment au contraire émouvant d’estompage, de réalité reprenant et happant le héros hors de notre analyse et du champ de réflexion du roman… et signifiant, pour moi, que là n’est pas la question et que le domaine de la pensée, impensable en champ de bataille, aura cependant à se poursuivre, et que ce qu’il aura produit sur 810 pages n’était pourtant pas vain, mais suspendu.

J’en
ai tiré la conclusion suivante : ce roman qui, en effet, est tout à la
fois miroir, initiatique, essai, pédagogique et philosophique ne peut
être abordé que si on dispose de la tranquillité d’esprit et du temps
nécessaire pour l’assimiler.  Oui, car ce n’est pas un roman où l’action domine : les actions proprement dites sont rares. Et puis c’est un roman « inhabituel » j’insiste, quant au traitement de l’information (lieux, actions, personnages, durée : tout est traité « autrement » que dans un récit classique, ce qui complique la tâche du lecteur, et la rend passionnante). J’ajoute que la réflexion (les réflexions) qui s’y mènent au sujet de la culture européenne humaniste en crise suppose aussi une culture touchant l’histoire des idées en Europe, et surtout l’idéal « humaniste » du XVIe siècle. Autrement, il vaut mieux remettre sa
lecture à plus tard. http://impassesud.joueb.com/news/mann-thomas-la-montagne-magique-1924

***

http://www.ratsdebiblio.net/mannthomaslamontagne.html

Voilà un roman qui exige du lecteur une concentration très
élevée et surtout un intérêt fort marqué
pour la philosophie. C’est presque un essai philosophique
déguisé en roman. Certains passages sont tout à fait
jubilatoires pour l’esprit. On a droit à plusieurs
joutes oratoires juteuses qui nous font voir l’absurdité de ce genre
d’échanges dans lesquels personne n’a tort, personne n’a raison. Non, je ne suis pas du tout ‘accord sur la signification tirée de ces contradictions, car l’auteur ne conclut pas à cette « absurdité » et il ne cherche pas à renvoyer chacun dos à dos comme le ferait un Sceptique par exemple pour qui tout se vaut et pour qui toute prétention intellectuelle est vaine. Cela point, évidemment, dans le texte, notamment avec ce personnage de Peeperkorn, dont la capacité à vivre l’emporte et fascine tout le monde, et même sur ceux que Mann fait alors appeler les « bavards ». Mais le duel entre Settembrini et Naphta dit assez éloquemment du reste que c’est le penchant vers l’humanisme, aussi fragile et mis en doute soit-il, qui l’emporte in fine et qui serait, dans le monde pragmatique de l’action – ici un duel – viable. Un
roman définitivement réjouissant pour l’intellect. Ça
reste que l’aspect le plus passionnant est certainement de suivre
le cheminement de Hans Castorp.

Certains pourront s’étonner du fait que je ne donne pas une note
parfaite à ce roman, considéré comme l’un des
chefs-d’œuvre de la littérature allemande. Eh bien je note
selon mon plaisir et non sur les qualités littéraires d’un
livre, bien souvent j’ai été enchantée même
éblouie mais hélas à d’autres moments les longues
descriptions de lieux, de paysages, etc., m’ont ennuyée.Les descriptions, souvent, ennuient les lecteurs, qui cherchent les actions dans un roman. Je crois que c’est parce qu’on n’enseigne pas à lire une description, à la comprendre ou à l’analyser, bref à en jouir. Je compare cela souvent à la difficulté que j’avais à comprendre en peinture le genre « nature morte », jusqu’à ce qu’un jour je prenne un livre qui m’en expliqua l’art et toutes les possibles significations.

Je suis très heureuse et même bien fière d’avoir lu ce
bouquin surtout que dans les deux cent premières pages j’ai bien
failli abandonner mais passé ce seuil critique
impossible de laisser tomber, il y a un fil qui me tenait bien
accrochée.Pareil pour moi.

Voici un extrait :

« Le littérateur, ce vrai fils de l’humanisme et de la bourgeoisie,
savait sans doute lire et écrire, ce que ne savaient pas ou ce que
savaient mal le gentilhomme, le guerrier et le peuple, mais, en dehors de
cela, il ne savait rien ni n’entendait rien à rien au monde, il
n’était qu’un farceur, qui administrait la parole et qui abandonna
la vie aux honnêtes gens, et c’était sans doute pourquoi il
gonflait la politique elle-même de rhétorique et de belle
littérature, ce qui, en langage de parti, s’appelait radicalisme
et démocratie. »Attention aux citations d’un roman de Mann. Je veux dire : c’est un roman polyphonique, un roman où s’expriment plusieurs voix. Le narrateur lui-même ne paraît pas être Thomas Mann (dans le « Docteur Faustus », le narrateur, celui qui raconte l’histoire, se présente au début sous le nom de Zeitblom, un ami du héros). Comme dans tout roman polyphonique, des jugements divers sont énoncés qui, pris isolément, peuvent tirer le roman vers une « leçon » qui n’est pas forcément la sienne. Mais il n’est pas étonnant que ce soit les remarques centrées sur l’anti-intellectualisme, aujourd’hui très à la mode et depuis une trentaine d’années – qui rencontrent les lecteurs actuels.

À vous de voir, pour ma part je le suggère
seulement à ceux et celles qui s’intéressent à la philosophie
autrement vous allez vous ennuyer bien longtemps.

Note : 3.5/5
(Mousseline)

**********

Hans Castorp, un jeune homme tout simple est envoyé à Davos pour un court
séjour et pour visiter son neveu. Il se découvre assez malade pour
rester et rester encore (7 ans en tout) et il découvre les dessous de la vie
d’hôpital. Il se plaît petit à petit à la
société des malades et dans les discussions qui touchent à tant de
sujets qu’il est difficile d’en donner un résumé. Le plus important
de ces discussions est mené par un athéiste lettré et un
Jésuite, deux malades, forcés de rester. Il s’enlise dans l’ambiance
et dans un amour platonique pour une Russe. Son neveu retourne au plat pays, mais
devient tellement malade qu’il revient à Davos en toute lucidité pour
y mourir. Le dernier chapitre, dans lequel est introduit un Hollandais me semble un
ajout postérieur; ou bien c’est voulu pour exprimer le développement
du personnage après des années.

Roman-à-clés, roman cosmopolite, philosophique, psychologique, le
livre a tellement de dimensions mais si peu d’action, qu’il faut être hardi
lecteur, comme le dit Thomas Mann dans l’introduction: le livre veut aussi exprimer
la lenteur de vie dans cette Montagne Magique. Un chef-d’oeuvre de longue haleine
sur des personnages de courte haleine: ma note pendant lecture vacille entre
3/5 et 5/5, après lecture, on est conscient d’avoir lu un chef-d’oeuvre,
donc 5.

Note : 5/5
(gallomaniac)

***

Lire
Thomas Mann, c’est plonger dans une Europe perdue à jamais, dans un
monde familier bien que très différent du nôtre. On côtoie une bonne
société aux codes qui au début déroutent et nous échappent, mais que l’on finit par comprendre et
adopter tout naturellement, comme s’ils avaient toujours étés les
nôtres. Peut-être une sorte d’atavisme, allez savoir.


Pourtant, la Montagne Magique est exigeante, il faut
savoir la gagner. Le parallèle entre le roman et une vraie montagne
que relève l’auteur de ce site est frappant : il faut s’équiper
avant de la gravir, de temps surtout. Il faut ensuite prendre la peine
de s’acclimater progressivement à l’altitude et à l’atmosphère qui
règne là haut. Passé ce petit investissement personnel, on est ébloui
par ce qu’on y découvre. Mais trêves de circonvolutions, commençons par
le commencement.


Ce livre est l’histoire d’un jeune homme, Hans
Castorp, issu d’une famille patricienne de Hambourg. Avant d’entamer sa
carrière d’ingénieur, il se rend dans un sanatorium perché dans les
montagnes suisses, à Davos. Il y va presque à contrecoeur et ne compte
y passer que trois semaines, histoire de tenir compagnie à son cousin
qui lui est en cure depuis bien longtemps déjà. Nous sommes en 1907, et
Hans Castorp ne descendra de sa montagne qu’avec la guerre qui finit
par le rattraper. Sept années pendant lesquelles le temps réel et celui
du récit s’arrêtent, s’étirent, s’accélèrent et se distendent avec une
relativité surprenante : l’art de Thomas Mann, c’est de maîtriser
l’abstraction du temps, la perception que l’on en a.

C’est ainsi que les trois premières semaines, vécues
comme quelque peu ennuyeuses par le héros sont vécues comme une
éternité et occupent une large part du récit en comparaison du temps
qu’elles représentent objectivement. Elles sont d’ailleurs quelques peu
pénibles pour le personnage principal comme pour le lecteur qui
éprouvent les mêmes difficultés à s’acclimater au temps d’en haut, si
différent de celui du plat pays. L’atmosphère irréelle et molle du
sanatorium, ses coutumes étranges, la précision millimétrée de l’emploi
du temps des pensionnaires, tout participe à une sorte d’envoûtement
qui finit par gagner le héros autant que le lecteur.

Cette montagne hors du temps transforme petit à
petit Hans Castorp, au fil de ses rencontres avec les
pensionnaires : de quelqu’un de moyen comme le narrateur se plaît
à le décrire, il se révèle à lui-même et devient une personne
exceptionnelle, sensible, foncièrement inadaptée  aux contingences
et à la trivialité du plat pays. Il se fait prisonnier consentant d’une
cure qui n’en finit plus de se prolonger. Ses amitiés prennent un tour
initiatique, à l’image de celle qu’il entretient avec Ludovico
Settembrini, l’humaniste italien qui prend en charge son éducation. On
retrouve les thèmes propres à Thomas Mann, en particulier celui de
l’opposition entre l’austérité germanique et la volubilité méridionale
de l’Italie, dualisme qui se retrouve d’une certaine manière dans les
éblouissantes joutes dialectiques que Settembrini livre avec le jésuite
Naphta… Un intellectualisme abstrait qui s’effondre face à la puissance
du sensible, du charisme et de l’intuition inexplicablement incarnés
dans la personne de Mynheer Peeperkorn. On retrouve aussi l’ironie fine
et mordante de l’auteur avec ses personnages (on pense aussitôt à la peinture que fait l’auteur de
l’inénarrable Mme Stöhr et du pitoyable et tragique Wehsal).

Et puis il naît en haut de cette montagne la plus
touchante et délicate histoire d’amour qui soit… Elle efface la torpeur
de l’atmosphère ambiante et participe néanmoins au charme qui émane de
ce roman. D’une manière générale, un récit aussi riche et puissant que
celui là est difficilement résumable, c’est déjà presque une aberration
que de tenter de le faire. Sur la quatrième de couverture de mon livre
de poche, il est savamment marqué : « …un roman miroir où l’on peut
déchiffrer tous les grands thèmes de notre époque. ». C’est sans
doute vrai pour qui sait prendre son temps.

*** 

Pièce médiane dans l’édifice romanesque de Thomas Mann (1875-1955),
située à mi-chemin des Buddenbrok (1901) et du Docteur Faustus (1947),
La Montagne magique (1924) marque à la fois le nouveau départ
idéologique d’un auteur qui abandonne les idées nationalistes et
antidémocratiques des Confessions d’un apolitique (1918), mais aussi
bien la fidélité à soi-même d’un écrivain marqué par la « sympathie
pour la mort ». L’attrait pour le morbide qui culminait avec La Mort à
Venise
(1912) devient ici plus sobre : la chute, la maladie et la
décadence sont toujours affectées d’un signe positif dans ce roman qui
a pour cadre un sanatorium. Mais, désormais, « l’intérêt pour la mort
et la maladie n’est qu’une forme d’expression de l’intérêt pour la
vie », comme l’affirme l’auteur dans sa conférence « De la République
allemande », publiée un an avant La Montagne magique. Dans ce texte
faussement prémonitoire, il donnait une clé fort utile en affirmant que
« montrer l’expérience de la mort est finalement une expérience de la
vie, qu’elle conduit à l’homme, pourrait faire l’objet d’un roman de
formation » 

*** 

http://www.patdebigorre.org/article-16785507.html
J’ai lu La montagne magique
pour la première fois à 16 ans. Pour être honnête, beaucoup de choses
m’avaient échappé, les débats philosophiques entre Settembrini et
Naphta m’avaient souvent lassé mais le charme, l’atmosphère envoûtante
qui se dégagent de ce chef d’œuvre, avaient laissé une marque
indélébile chez l’adolescent que j’étais.
Je l’ai relu
depuis et la magie a opéré de nouveau. J’ai mieux appréhendé toute la
richesse, toute la densité contenues dans ces 800 pages.
La lecture a cela de merveilleux : relisez un livre 5, 10 ou 20 ans
après et vous redécouvrirez ce que vous aviez lu alors. Mieux certains
trésors cachés vous apparaîtront de façon évidente, certains mystères
ne vous sembleront plus en être et votre regard, modelé par votre vécu,
y trouvera des résonances nouvelles. 

Le roman La Montagne Magique, Der Zauberberg, publié en 1924, a été écrit par Thomas Mann entre 1912 et 1923.
Né en 1875 et mort en 1955, couronné par le prix Nobel de littérature
en 1929, Thomas Mann est un des plus grands écrivains allemands mais
aussi une des figures éminentes de la littérature européenne du XXème
siècle. De son premier roman Les Buddenbrock à La Mort
à Venise
, en passant par Tonio Kröger et Le journal du Docteur
Faustus

pour ne citer que quelques romans, Thomas Mann a tissé une œuvre
cohérente et incontournable au message universel et intemporel.
La Montagne magique
est un livre difficile et je serais tenté de rajouter qui se mérite.
Mais les 50 premières pages passées, le lecteur est emporté et la
lecture achevée, ne regrette pas les efforts qu’il a du concéder, les
splendeurs qu’il a pu découvrir lui faisant oublié la période
d’adaptation nécessaire.

Quel en le sujet ?
Hans Castorp, jeune ingénieur, quitte
Hambourg, sa ville natale, pour passer trois semaines auprès de son
cousin, Joachim Ziemsenn, soigné dans un sanatorium, à Davos.
Envouté par la vie des gens de « là-haut », happé par l’atmosphère, la
lumière si particulière de ce lieu, il y séjournera 7 ans, coupé du
monde et transfiguré. Il n’en sortira que pour être jeté dans la
tourmente de la première guerre mondiale.
La Montagne magique
peut se lire comme un roman initiatique. Nous suivons le cheminement
intérieur de Hans Castorp et le sanatorium, par la galerie des
personnages fascinants qui le composent, contribuera à le faire
évoluer. De simple spectateur au début, il deviendra acteur du monde
qu’il observe, analyse, décortique. Il connaîtra l’amour, la mort,
indissociable du sanatorium, rythmera ses semaines et il finira par
comprendre qu’elle fait partie de la vie.
Mais la richesse de la Montagne magique réside dans les nombreux angles de vue qui se découvrent, se superposent, se complètent,
autorisant ainsi une multiplicité de lectures.
La Montagne magique
est un roman-miroir dans lequel Thomas Mann aborde les thématiques que
l’on retrouve dans toute son œuvre : la liberté intellectuelle qui
n’existe que si elle ose s’affirmer; la force de la Nature constitutive
de l’essence et de l’harmonie des êtres ; la fascination pour la mort
et la difficulté à résister à cette attirance ; la grandeur de l’œuvre
d’Art qui immortalise l’artiste, toujours solitaire,  et porte
l’humanité par les messages qu’elle délivre.

Parler de la Montagne magique était une entreprise difficile.
J’espère juste vous avoir donné envie de lire ce roman majeur du XXème
siècle.

 

***


http://damouretdencrefraiche.over-blog.com/article-31081583.html
Note générale:
5/5 voire 6/5 (monument de la littérature mondiale)
Fun factor:
2,5/5 (ne nous voilons pas la face, c’est un énorme pavé, assez intello
de surcroît, mais qui peut devenir vraiment divertissant une fois qu’on
y est plongé… mais si je vous le dis enfin! :D)
Titre en VO: Der Zauberberg

Aujourd’hui
je vais vous parler d’un livre qui est sans conteste dans mon top 3 des
livres jamais écrits dans ce bas-monde, l’immense et incroyable Montagne magique
de Thomas Mann. Comme vous le savez sûrement, Thomas Mann est donc un
auteur allemand du début du XXe siècle, et ce roman lui a valu le Prix
Nobel. Eh oui, dans ce blog, il n’y a que la crème de la crème, comme
vous avez déjà pu vous en apercevoir (arf).

Mais revenons à THE oeuvre elle-même.
La montagne magique
se passe au tout début du XXe siècle, avant la première guerre
mondiale, et raconte l’histoire de Hans Castorp, 24 ans,  jeune
ingénieur de Hambourg et selon l’auteur « homme moyen » par excellence.
Il a pris 3 semaines de vacances pour aller voir son cousin dans un
sanatorium dans les Alpes, au sud de l’Allemagne, ou plutôt en Suisse,
vers Davos, et va plus ou moins volontairement se trouver pris au piège
doré de cette « montagne magique ».

Mais là où ce roman atteint le génie, c’est qu’il se demande si la
montagne magique est réellement un enfermement, si ce n’est pas
finalement la « vraie vie », la vie véritablement libre, la vie
spirituelle  par opposition à la vie matérielle, technique, qui attend
Hans Castorp à Hambourg. C’est à la fois un piège et une libération,
c’est un lieu de mort (les gens meurent régulièrement puisqu’ils sont
malades), d’oisiveté vide, qui est aussi un lieu de vie, de fécondité
de l’esprit, d’amour, en un mot d’épanouissement de l’humain, mais qui
garde jusqu’au bout sa suprême ambiguité.

Et à travers le
séjour banal d’un homme banal dans un sanatorium, ce sont les grandes
questions humaines qui apparaissent: qu’est-ce que la santé? qu’est-ce
que la maladie? qu’est-ce que la vie? qu’est-ce que la mort?
C’est LE roman total par
excellence, avec énormément de développements
intellectuels/philosophiques, notamment un questionnement de
l’humanisme des Lumières incarné par le personnage haut en couleur de
l’italien Settembrini et ses débats avec le jésuite Naphta (débats
extrêmement intéressants, cela dit pour une première lecture, vous avez
ma bénédiction pour sauter quelques pages…).
Mais c’est aussi une ambiance
irrésistible, « de grand format » comme dirait Thomas Mann :  l’isolement
des montagnes, la pureté de son air, le confort à la fois sain et
décadent, la mort toujours présente et des personnages inoubliables, la
mystérieuse Clawdia Chauchat, l’immense Mynheer Pepperkorn.

Comme Hans Castorp, vous ne ressortirez certainement pas intacts de
votre voyage dans la montagne magique, si vous vous décidez à
l’entreprendre. Comme lui et comme moi (revenons aux sujets
intéressants 🙂 ), vous verrez peut-être votre vision de la vie
élargie, retournée et bousculée en tous sens. Just give it a try!

*** 

http://www.decitre.fr/livres/La-Montagne-magique.aspx/9782213016115
La Montagne magique
n’est pas seulement le chef-d’œuvre de Thomas Mann,
mais l’un des chefs-d’œuvre de la littérature universelle du XXe siècle.
Ses
personnages sont présents dans toutes les mémoires : Hans Castorp,
Clawdia Chauchat, Settembrini, Naphta, Peeperkom, etc. La trame
romanesque de l’œuvre, qu’on a souvent rapprochée du Wilhelm Meister de
Goethe, ne l’est pas moins. Aussi nous bornerons-nous à reproduire le
jugement du grand critique que fut Edmond Jaloux : « La Montagne magique
est le roman le plus important qui ait paru en Europe depuis 1900, et
je pense, le plus beau.
Et le Prix Nobel lui a été décerné à juste
titre. Cette œuvre a le mérite de ne ressembler à aucun roman
antérieur. Dans la plupart des romans, même des meilleurs, il est rare
de ne pas distinguer un accent déjà familier: ici, Balzac ou Stendhal;
là, Emily Brontë; plus loin, Fromentin ou Flaubert, Tolstoï ou
Dostoïevski. Avec la Montagne magique, nous n’entendons rien de pareil.
La naissance de la fièvre chez Hans, ses deux scènes d’amour, Clawdia,
sa vision dans la neige, son dernier colloque avec Peeperkorn, la mort
de Ziemssen sont des choses d’une nouveauté absolue, des créations
complètes.
Et de même les curieuses figures de Settembrini, de
Naphta et du Hollandais. Enfin, la valeur pour ainsi dire symphonique
du livre est faite du quadruple thème de la Vie et de la Mort, du Temps
et de l’Amour, qui, tantôt concret et tantôt abstrait, tantôt développé
dans une atmosphère passionnelle, tantôt dans une atmosphère
idéologique, forme un climat, donne à la Montagne magique son air de
roman épique.
Soutenue par ces quatre éléments, elle peut s’élever à
la fois sur plusieurs plans, les uns philosophiques, les autres
réalistes, ceux-ci symboliques ou moraux, et nous donner ainsi le
sentiment d’une représentation très vaste du drame humain que nous
vivons tous. »
36 commentaires
  1. Je cours me le procurer, le poser sur ma "bibliothèque" et faire mine de l’avoir lu :)))BisesLO

  2. Benjamin permalink

    Alors, pour qu’on te croit, il faut que tu "fatigues" la reliure, et que tu cornes et froisses quelques pages. Sinon, c’est vraiment de l’amateurisme. Cela me rappellerait trop un ancien film de jeunes intellos prétentieux germanopratins tout sortis des lycées du coin et qui faisaient passer devant la caméra des livres de Deleuze… immaculés ! MDR

  3. Malouine du Finistère permalink

    LO………………….. 😀 😀 😀

  4. Benjamin permalink

    J’ajoute que je respecte les différents usage du livre – sauf ce qui consiste à bafouer cet objet, toute forme d’autodafé. Je conçois parfaitement qu’on ait des livres pour les posséder, sans les avoir lus. De mon côté, j’ai un certain nombre de livres "pour plus tard", et que j’ai entamés par exemple sans les avoir pu finir. Ils sont néanmoins sur mon étagère, visibles, comme des tableaux que j’aime et qui m’invitent sans cesse à un voyage à faire, à un voyage à portée de main. Je songe à la Divine Comédie de Dante, à l’Enéide de Virgile, à l’Ulysse de James Joyce, aux volumes de Proust que je n’ai pas encore lus, et à d’autres encore. L’Ethique de Nicomaque d’Aristote, Le Capital de Karl Marx, les ouvrages de Jung, de Freud, de Kant, de Hegel, de Feuerbach…

  5. J’ai des livres pour plus tard (comme des trésors non consumés) que je regarde avidement ; je ne les corne jamais, je les prends toujours délicatement, les épousette de temps en temps, il m’arrive mm de les respirer, lorsque j’entame une lecture je me munie d’une feuille confortable, qui me sert de marque page mais aussi sur laquelle j’y inscrit des repères (phrases, mots, recherches à faire pour la compréhension), car seule l’annotation d’une dédicace est susceptible de me séduire, …, le livre objet noble s’il en est un, comme tu le dis "un voyage à portée de main", que je n’irai mm pas surligner à la pointe du crayon, d’ailleurs ils me suivent… (mais je fais toujours autant de fautes d’orthographes ! arrf)Merci Benj. pour ce que tu nous proposes, …

  6. Benjamin permalink

    Manique, tu vas hurler, mais pour ma part… je surligne mes livres à grands coups de Stabilo jaune à la première lecture, et orange à la seconde pour prendre dans le "jaune" la substantifique moelle. Ainsi, ayant (presque) terminé "La Montagne magique", j’ai commencé de relire tout ce que j’avais surligné, avec mon surligneur orange, afin de bien faire apparaître les citations les plus importantes à mes yeux (le jaune sert à marquer les temps forts du récit, de l’histoire, de ce qu’on appelle la "diégèse" – pardon pour ce mot savant, tiré de Gérard Genette, pris lui-même de "La Poétique" d’Aristote, et que je pourrai expliquer tout à l’heure si vous voulez). Pour être très exact, j’ai surligné cette fois-ci non en orange mais en vert, car j’avais utilisé au préalable l’orange pour surligner les intertitres (titres des chapitres) afin qu’ils se détachent mieux sur le flux continu des 815 longues pages et qu’ils forment pour mes yeux et mon esprit de lecteur autant de repères et comme des "camps" successif dans l’ascension d’une montagne.Cela dit, je surligne sur des livres de poches, et très très exceptionnellement sur des livres plus chers. Mais enfin, quand j’ai passé l’Agrég, il y avait Valéry au programme, et j’avoue, ô sacrilège! que j’ai surligné ma Pléiade. Mais l’enjeu l’exigeait. Et puis je ne regrette pas ce genre de sacrilège justement, d’avoir osé désacraliser ce jour l’objet-livre comme objet. Il n’en reste pas moins que je touche le moins possible à mes Pléiades, dont l’usage est d’abord d’être emmenées facilement en voyage pour un grand plaisir de lecture.

  7. Benjamin permalink

    Oui, je suis passé à la phase de relecture de "La Montagne magique" sans l’avoir terminé, car je ne veux pas terminer ce livre qui me plaît tant.Et cette expérience de relecture est très jouissive car tout à coup on comprend mieux les personnages, leurs caractères, ce qu’ils disent, car on les a vus longuement évoluer et on ne les découvrent plus "petit à petit" comme c’est le cas dans ce livre. Aussi, ayant fait totalement connaissance avec eux, tout ce qu’ils disent devient dès le début beaucoup plus compréhensible que lorsqu’on les rencontre pour la première fois.

  8. Benjamin permalink

    Enfin, désolé mais des recherches ont prouvé que l’orthographe ne s’acquiert ni ne se consolide par la lecture, mais par le fait d’écrire les mots (mémoire kinésique en plus de la mémoire visuelle, la première renforçant grandement l’autre).Cela dit, notre orthographe est beaucoup trop lourde à gérer, je trouve, et je suis pour une simplification importante d’icelle.

    • Dan Amper permalink

      Ave! Moi, La montagne magique, Je voulais y rester, c’est magique… En fait, je rebondis juste sur la mémoire kinésique, je n’y ai jamais vraiment réfléchi, mais en apprenant à écrire à des enfants, il m’était venu naturellement de leur demander de fermer les yeux, en les guidant pour former les lettres. Désolée pour l’intrusion, mais si je m’écoutais je continuerais à lire tous les coms, mais je vais racheter cette œuvre magique, justement pour sa longueur, sa douce torpeur et son tonus philosophique…

  9. Adigalia permalink

    on peut pas se fier à un gars qui connait "icelle" et l’emploie à bon escient …enfin moi ce que j’en dis …

  10. mafifan permalink

    F ‘icelle du métier sûrement !que de pouvoir l’employer si bien!

  11. Benjamin permalink

    C’est plus joli que "tring" (désolé).

  12. Oui bien sûr, mais je n’ai pas icelui ton niveau et pardonne iceux… tes surbrillances, l’enjeu en valait la chandelle ! et mm le flambeau.icelle, j’m bcp, trop glacis.@ +

  13. Benjamin permalink

    J’avoue que "icelui, icelle, iceux" et "icelles" mériteraient de revenir en langue, ne serait-ce que par commodité syntaxique. Prenez la phrase de tout à l’heure et enlevez "icelle" : vous devez remplacer ce pronom par une locution longue et lourde du type "en ce qui la concerne". Par temps de crise, faisons des économies ;-))

  14. Malouine du Finistère permalink

    Lever tôt… je lis les réflexions… en conclue que tu es un lecteur hardi Benjamin ! Et qu’il faut du temps… Quelle note sur /5 donnes-tu à cette Montagne magique ?

  15. C’est un vrai plaisir de lire tout ce qui s’inscrit ci-dessous.Je plaisantais hier… je n’ai pas l’ambition de faire croire à qui que ce soit que je suis plus intellectuelle que je le suis (pas :))). Je peux aimer un livre pour une seule phrase, juste parce que les quelques mots qui la composent résonnent en moi.Je me procure souvent des bouquins dans un "bric à brac", à 20 ou 50 cts d’euro, un peu au hasard… j’ouvre une page… je lis quelques lignes. La daube repart d’où elle vient et tout le monde est content. Je suis contente également que tu nous livres 🙂 les clés de ton propre fonctionnement… c’est très généreux.Bonne journée et des bisousLO

  16. ashdee permalink

    La réhabilitation de vieux pronoms ne fontionne pas. Johnny a essayé avec aque mais ça ne s’est pas généralisé.Aque c’est dommage.

  17. Benjamin permalink

    @ Ashdee : c’est vrai, sauf pour le piano (le piano aque) (désolé…)@ Malouine du Finistère Agnès : ah oui, le notes sur 5 ! ça c’est vraiment très comique, et ça n’a pas de sens. Attribuer une note à un livre comme celui-là, qui nus dépasse de beaucoup et qui demande des relectures, comme à une rédaction d’enfant, ma foi c’est comme si je devais noter sur 5 un paysage, un pays ou un continent (Allemagne : 4,5 ; Espagne : 3 ; Italie : 5 ; Bolivie : 2,5 ; Europe : 3,8 ; Amérique du Sud : 3 ; etc.). Comme c’est amusant ! Il faut manquer de bon sens, pour se dire qu’on peut mesurer un tel édifice avec 5 points. Je me demande plutôt, avec ce genbre de livre, quelle note en lecture il me mettrait : ai-je été un bon "partenaire de lecture" ? Ai-je bien su jouer avec lui, le faire jouer ? Le pousser à s’expliquer ? Et moi, ai-je su le supporter enfin, supporter qu’il me déroute sans cesse, m’estrange, me dé-payse ? Ai-je su assez m’y essayer, pour reprendre ce beau mot d’ "essai" si cher à Montaigne, et qui m’est si cher. Oui, je me suis "essayé" (j’ai essayé mon esprit de lecteur) à cette sacrée montagne. Certains aiment s’essayer à un Mont-Blanc physique, et pour moi c’est m’être essayé à un Mont-Blanc littéraire (Mont-Blanc pour moi, pour d’autres Everest ou colline).@ LO : je trouve très important de faire savoir, et pour soi-même de comprendre, qu’il n’y a pas qu’une seule manière de lire ni d’apprécier les livres. Il n’y a pas non plus, en valeur absolue, une "bonne" manière de lire, et les autres seraient mauvaises. Tout dépend du but que l’on donne à sa lecture. Et du plaisir qu’on y prend. Même les contresens qu’on fait sur un livre peuvent parfois être productifs pour soi, pour son esprit, pour sa vision des choses. Un livre, c’est un Autre : on peut se tromper à son sujet, mais au moins on s’est ouvert à lui autant qu’on peut, et c’est cela qui importe à mes yeux. Chercher à comprendre. En ce qui me concerne, j’ai fait de grands progrès pour moi dans la compréhension de ce que je lisais quand j’ai accepté de ne pas tout comprendre à première lecture, de m’arrêter, de revenir en arrière, de passer des pages pour y revenir (ou non) ensuite, etc. Et de désacraliser le livre.Ma façon de lire (ce surlignage excessif si l’on veut) est encore une manière universitaire de garder mémoire d’un livre et d’une lecture… en vue d’une future dissertation ou d’une future leçon d’Agrèg ? J’ai pris là mes habitudes de lecteur, à l’Université, et je n’ai que très exceptionnellement connu cet emballement dont parlent les "grands lecteurs" qui ne voient pas passer les heures (seul Proust m’a fait connaître ce phénomène psychologique). Et si je dis que "J’aime lire", ce n’est pas au sens où cela me fait plaisir, m’est agréable ou plaisant, car ce n’est pas le cas. Je vis cela comme une passion, quelque chose que je désire avec une très haute exigence de compréhension et d’expérience, qui n’est pas forcément agréable mais à tout le moins vécu intellectuellement comme remuant, sinon bouleversant.

  18. ashdee permalink

    Ce qui est bien avec toi Benjamin, c’est que tu arriverais à "vendre" l’Everest comme étant une colline.

  19. Moi, j’aimerais vraiment te voir en cours… avec tes étudiants… P’têt qu’on te sert de cobayes ? lolBonne soirée !

  20. Malouine du Finistère permalink

    :Dje pars au théâtre voir Michel Bouquet dans le Malade Imaginaire…

  21. Benjamin permalink

    Je viens de terminer "La Montagne magique". Les deux derniers paragraphes sont bouleversants, incroyablement bouleversants.Mais, quelle mauvaise surprise ! la dernière phrase est horriblement… niaise ! La dernière, l’ultime phrase, le dernier coup de pinceau : niaise, affreusement, inexplicablement niaise comme une dernière phrase de conclusion banale et passe-partout d’un étudiant qui chercherait à finir sa dissertation sur le plus plat cliché.Ne pas y penser. Se dire que j’ai mal compris.

  22. Aussi niaise que mon com ? Nan… c’est pas possible ça !

  23. Benjamin permalink

    Merci Ashdee, je suis très sensible à ce compliment que tu me fais, évidemment apte à réjouir un prétendu pédagogue.Malouine, tu as une de ces chances ! "Le Malade imaginaire", cette dernière pièce de Molière, cette comédie si intelligente pour se moquer de ceux qui essaient de se préserver contre la mort, contre leur peur panique de la mort, et qui rencontrent alors leur ridicule dans leur maladive prétention à empêcher la vie de s’écouler naturellement vers elle… Et cette incroyable fin qui emportera Molière sur la scène même. Il faut voir le film d’Ariane Mnouchkine : "Molière". Et surtout la scène finale.Des cobayes LO ? Oh non, mes cours sont beaucoup plus ennuyeux. Et puis ils ne portent pas sur La Montagne magique. En revanche, j’aimerais bien lire des bouquins sur ce bouquin, pour aller plus loin. Je dis cela tout en sachant pertinemment que je n’en ferai rien.Merci pour tous ces coms. Je reprends pour mon compte les mots de LO : "C’est un vrai plaisir de lire tout ce qui s’inscrit ci-dessous."Et maintenant, je vais laisser reposer le bonhomme, qui a eu trop de mouvements de tête à cause de Monsieur Mann.Dodo Benji !

  24. Benjamin permalink

    Ah, tu as fait un com niais ? Mince, j’ai pas vu.

  25. Malouine du Finistère permalink

    Bon dodo Benji !

  26. Bon, un dernier coup de stabilo pour le plaisir et au lit !BisousLO

  27. Marie Laure permalink

    Ce billet est aussi géant en comm que dans son sujet…et je ris sous cape: commentaires en provenance du Canada ou des USA?? On semble préférer grimper nos rochers que s’astreindre..oh la la je suis dure pour mes compatriotes continentaux…que dis-je..je suis un Silex!!! lol Bon repos et bonne digestion philosophique..tu peux attendre un peu avant ta prochaine ascension!!

  28. Benjamin permalink

    J’ai pas attendu. J’ai pas fait dodo. J’ai commencé "Le Docteur Faustus" hier soir. Et c’est parti ! Pour l’instant, les chapitres sont courts et dynamiques comme dans les "Buddenbrook". Et je suis déjà pris par ce roman de Mann, qui se déroule en 1943, sous l’Allemagne hitlérienne.Thomas Mann, prix Nobel de littérature en 1929, a quitté l’Allemagne en 1933, par refus du nazisme. Il s’est installé d’abord en Suisse, En 1936, il est déchu de la nationalité allemande. En 1938, il part pour les États-Unis, où il séjournera jusqu’en 1952. Il retourne vivre ensuite en Europe, mais refuse de vivre en Allemagne. Lorsqu’après la guerre son pays sollicitera officiellement son retour, il déclinera l’invitation. C’est à Zurich en Suisse, où il s’était retiré, qu’il meurt en 1955.

  29. Marie Laure permalink

    hého…intéressant mais accroches le chapeau de prof sur la paterre Benjamin…svp..j ai la grosse tete ce matin…fais-moi rire, si tu peux!!

  30. Benjamin permalink

    Marie je ne sais pas faire rire, comme tu sais.

  31. Malouine du Finistère permalink

    C’est nouveau ça Benjamin ! tu ne fais pas rire avec ton compère Ashdee !?!Bon, moi je suis rassurée… Michel Bouquet n’est pas décédé hier en jouant "Le Malade Imaginaire"… ça m’a angoissé jusqu’à ce matin ! J’ai passé une excellente soirée et depuis, je recherche le livre dans la maison : introuvable… Pourtant, c’est impossible qu’il ne soit pas quelque part ! j’ai trouvé 2 Bourgeois Gentilhomme, plusieurs Camus…. etc Impossible de mettre la main sur le Malade Imaginaire que j’ai envie de relire avec la voix de Michel Bouquet dans la tête ! Anne Laure si tu m’entends ???

  32. Benjamin permalink

    Merci Malouine. Oui, j’espère que je fais rire aussi, mais c’était pour "berner" Marie qui semblait douter qu’un intellectuel puisse aussi avoir de l’humour (ainsi j’ai interprété le "si tu peux" et son point d’exclamation).Bouquet, je ne l’ai jamais vu sur scène, ce géant. Ce devait être un beau moment. Il a quelque chose d’inquiétant, cet homme, et j’imagine que son jeu devait faire ressortir le côté inquiétant également du "malade", sa folie parfois plus pour s’en angoisser que pour en rire.J’espère que tu vas vite te rendre dans la librairie la plus proche. Profites-en pour lire ou relire "Le Bourgeois gentilhomme". Et puis il y a les bonnes farces comme "Les Fourberies de Scapin", et les pièces plus "profondes" comme "Dom Juan" ou "Les Femmes savantes", ou peut-être "L’Ecole des femmes". Bref, profites-en pour acheter les œuvres complètes ;-)Là, pour le coup, je suis d’accord Marie : faut que le prof il raccroche la casquette à la patère.

  33. mafifan permalink

    c’est drôle ,c’est venu en même temps que la rentrée; avant c’était voyages ,théâtre et photos d’ "actrices"et d’acteurs …décontractésMais tu n’as peut être ni casquette ,ni patère …avis !

  34. Marie Laure permalink

    Lectures multiples…comme c’est vrai des comm sur internet..Benjamiiiiiiinnnn, tu crées des sens imprévus non intentionnés dans ma syntaxe…Si je te demande de me faire rire, c que je sais que t’es capable…L’Expression Si tu peux! contenait les pensées suivantes: si tu as le temps…si tu as envie…si tu as le moral. Dommage d’interpréter avec un doute en a priori. Jamais je n’ai douté de rien moi…:)

  35. Benjamin permalink

    Ah ! c’est un des sens qu’on donne parfois au "Non pas je parle, mais je suis parlé" de Rimbaud : le langage nous tend des pièges et c’est en ses filets et ses logiques (sa syntaxe, son réseau de mots) que mes pensées se figurent et sont exprimées. Aussi, les sens imprévus non intentionnés sont les pièges qu’il nous tend. Et c’est un des plaisirs du poète, parfois, que de conserver cette ambiguïté, cet indécidable, comme un suspens du sens hésitant entre ses possibles, et de "réserver la traduction" pour parler comme, toujours, Rimbaud.

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