Aller au contenu principal

Eléments au sujet de l’orthographe du français

11 avril 2009
La manière d’écrire le français (l’orthographe) est parmi les plus compliquées au monde, sinon la plus compliquée (si l’on excepte le chinois).
En effet, il existe plusieurs difficultés majeures d’écrire le français, que je vais résumer ici pour les principales (je laisse donc de côté les "exceptions", qui ajoutent seulement de la complexité à un système déjà complexe).

  • Principale difficulté (tous les étrangers le disent) : les "lettres muettes": on ne les entend pas dans la langue parlée, mais il faut les écrire

Le français écrit comporte de nombreuses "lettres muettes" qui représentent environ 15 à 20 % d’une page d’écriture. Prenons la phrase que je viens d’écrire ; je vais faire apparaître en rouge les lettres muettes en question :

Le français écrit comporte de nombreuses "lettres muettes" qui représentent environ 15 à 20 % d’une page d’écriture.

Noter que si l’on habite le sud de la France, les "e", muets dans le nord, sont prononcés.

Ces lettres muettes ressortissent en plus de deux fonctions différentes :
– certaines sont liées au mot lui-même ; ex. : le mot petit comporte une lettre muette inhérente au mot lui-même (/t/)
– d’autres sont liées aux accords, c’est-à-dire à leur place dans la phrase ; ex. : les petits rats, où petits et rats comportent chacun deux lettres muettes, la première (/t/) inhérente au mot, mais la seconde (/s/) exprimant la pluralité (bien que l’oral ne fasse entendre cette pluralité que par le mot les).

  • Les autres lettres (ou groupes de lettres comme /au/, /ou/, /eau/, /ch/, etc.) notent un "son" de l’oral, mais il y a quatre fois plus de façons d’écrire un son en français qu’il n’y a de sons dans la langue orale du français

Pour le dire autrement, la langue française comporte 36 phonèmes, ou "sons" minimaux, qui se combinent pour faire des syllabes, des mots, des phrases. Ainsi, les "sons" (les phonèmes) [a], [f], [o], etc.

Mais en français, le son [o], par exemple, peut s’écrire : /o/, /au/, /eau/, /ô/, /a/ (hall, football), /ao/ (goal)…
Le son [s] peut s’écrire : /s/, /c/ (glace), /ss/, /ç/, /t/ (nation), /x/ (dix), /z/ (aztèque se prononce comme pastèque)…
Et ainsi de suite.

On a recensé en 1983 environ 130 graphies pour noter les 36 phonèmes du français !
Si l’on réduit ce stock orthographique aux graphies les plus régulières, on arrive tout de même à 70 graphies pour 36 phonèmes.
Sans compter les règles de position, etc.
Il y a forcément de quoi se tromper si on ne connaît pas le mot, qu’on ne l’a jamais vu ni jamais écrit. C’est pourquoi, d’ailleurs, on fait épeler les noms propres!

Si l’on prend les choses dans l’autre sens, en partant cette fois-ci des lettres de l’alphabet plutôt que des phonèmes, on retrouve forcément la même complexité.
Ainsi, par exemple, la lettre /c/ peut noter :
– le son [k] lac
– le son [s] glace
– le son [g] seconde
La lettre /x/ peut noter :
– les sons [ks] exquis
– les sons [gz] examen
– le son [s] dix
– le son [z] dixième

  • Qu’en est-il chez nos voisins ?

L’allemand, l’espagnol, l’italien, le portugais, le turc, etc. ont un système orthographique bien plus simple que le nôtre, car en règle générale :
– on écrit tout ce qu’on entend et rien que ce qu’on entend (pas de lettres muettes !)
– à chaque son correspond une seule graphie (j’entends [o], j’écris /o/)
– à chaque graphie correspond un seul son (je vois /a/, je prononce [a])

Conclusion : passé l’équivalent du CE1, les Italiens, les Espagnols, les Allemands et les Turcs n’ont plus de problèmes d’orthographe (sauf cas de dyslexie). On peut donc employer le temps dévolu à la lecture et à l’écriture à d’autres choses qu’à l’orthographe !

N’est-ce pas le rêve ?

Car, en ce qui concerne les Français, aucun d’entre eux ne peut prétendre maîtriser parfaitement l’orthographe de sa langue (voir les dictées de Pivot !), et cela jusqu’à sa mort.

Cela vaut-il le coup ? Tant de larmes, d’argent, d’énergie dépensés pour conserver une orthographe aussi complexe ? Et dont on sait qu’elle n’est pas, comme on le dit trop souvent, une science du jugement, mais bien plus de la mémoire ? Et qu’enfin, on peut écrire très bien sans maîtriser pour autant parfaitement l’orthographe (cf. Montaigne, qui le dit lui-même : je laisse les éditeurs corriger mon orthographe ; ou René Char, dont les manuscrits, que j’ai consultés, comportent des fautes) ?

From → Société

2 commentaires
  1. anne permalink

    je panss queue sa vo le cou!!faisant moi même pas mal de fautes d’orthographe, j’apprécie les textes bien écrits,le français est une langue belle a lire!

  2. Benjamin permalink

    C’ è sur ke si on écri seleman fonétikeman sa fè bizar é on trouv sa lè. Mè peutètr tou simpleman parsk’ on è abitué à la figur dé mo, é k’il nou parès alor kom défiguré ?Sela di, lé mark de plurièl nouz ède biin pour komprandr le sans de la frase. E mèm la figur abituèl dé mo, ler ortograf abituèl je ve dir : kar on vwa biin isi kombiin il nouz è difisil de komprandr kan la fizionomi dé mo è chanjé, é ke l’ékritur è seleman fonétik. Sa demand bocou plus d’éfor a notr servo, ki ne rekonè pa sé mo. Kom kwa l’ortograf èt osi un kestion de rekonèsans vizuèl, é pa seleman de déchifraj.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :