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Satan parle au début du « Paradis perdu » de John Milton

30 décembre 2008
Satan et ses anges rebelles ont perdu contre Dieu, qui les a précipités en Enfer. 

« Est-ce ici la région, le sol, le climat, dit alors l’Archange déchu, est-ce ici le séjour que nous devons changer contre le ciel, cette morne obscurité contre cette lumière céleste ? Soit ! puisque celui qui maintenant est souverain peut disposer et décider de ce qui sera justice. Le plus loin de lui est le mieux, de lui qui, égalé en raison, s’est élevé au-dessus de ses égaux par la force. Adieu, champs fortunés où la joie habite pour toujours ! salut, horreurs ! salut, monde infernal ! Et toi, profond Enfer, reçois ton nouveau possesseur. Il t’apporte un esprit que ne changeront ni le temps ni le lieu. L’esprit est à soi-même sa propre demeure ; il peut faire en soi un Ciel de l’Enfer, un Enfer du Ciel. Qu’importe où je serai, si je suis toujours le même et ce que je dois être, tout, quoique moindre que celui que le tonnerre a fait plus grand ? Ici du moins nous serons libres. Le Tout-Puissant n’a pas bâti ce lieu pour nous l’envier ; il ne voudra pas nous en chasser. Ici nous pourrons régner en sûreté ; et, à mon avis, régner est digne d’ambition même en Enfer ; mieux vaut régner en Enfer que servir au Paradis. » (John Milton, Le Paradis perdu, chant I)

Cette dernière phrase : « mieux vaut régner en Enfer que servir au Paradis ».

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2 commentaires
  1. Honnêtement, d’après les description littéraires, on doit s’ennuyer ferme au Paradis. Qui lit encore Paradis perdu de Milton, à part les étudiants et universtaires ? Merci pour cet extrait.

  2. Benjamin permalink

    On trouve le "Paradis perdu" de Milton en Poésie-Gallimard, et sa lecture est aisée pour une œuvre de cette époque (traduite, ce la va sans dire). Je dirais même qu’elle pourrait plaire aux adolescents, car c’est une œuvre épique très "romantique" avant l’heure : Satan, l’ange déchu, l’ange rebelle, puissant et amer, souffrant, courageux… Proche de la mythologie contemporaine d’Anakin Skywalker et du côté obscur de la Force. La description de l’Enfer, par exemple, je l’ai peuplée, pendant ma lecture, des images de la planète volcanique dans Star Wars III. Et c’est le visage d’Anakin Skywalker seul sur un pont au-dessus de la lave et contemplant ce paysage de feu qui m’est venu lors de l’évocation du silence amer, douloureux et orgueilleux du nouveau maître des Enfers.

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