Aller au contenu principal

Ethique, Spinoza

21 décembre 2008
Éthique
Baruch Spinoza
(Définitions, axiomes, propositions, scolies et corollaires, sans les démonstrations)
Première partie
De Dieu
Définitions
  1. J’entends par cause de soi ce dont l’essence enveloppe l’existence ; autrement dit, ce dont la nature ne peut être conçue sinon comme existante.
  2. Cette chose est dite finie en son genre, qui peut être limitée par une autre de même nature.
  3. J’entends par substance ce qui est en soi et est conçu par soi : c’est-à-dire ce dont le concept n’a pas besoin du concept d’une autre chose, duquel il doive être formé.
  4. J’entends par attribut ce que l’entendement perçoit d’une substance comme constituant son essence.
  5. J’entends par mode les affections d’une substance, autrement dit ce qui est dans une autre chose, par le moyen de laquelle il est aussi conçu.
  6. J’entends par Dieu un être absolument infini, c’est-à-dire une substance constituée par une infinité d’attributs dont chacun exprime une essence éternelle et infinie.
  7. Cette chose est dite libre qui existe par la seule nécessité de sa nature et est déterminée par soi seule à agir ; cette chose est dite nécessaire ou plutôt contrainte qui est déterminée par une autre à exister et à produire quelque effet dans une condition certaine et déterminée.
  8. J’entends par éternité l’existence elle-même en tant qu’elle est conçue comme suivant nécessairement de la seule définition d’une chose éternelle.

Axiomes

  1. Tout ce qui est, est ou bien en soi, ou bien en autre chose.
  2. Ce qui ne peut être conçu par le moyen d’une autre chose, doit être conçu par soi.
  3. D’une cause déterminée que l’on suppose donnée, suit nécessairement un effet, et au contraire si nulle cause déterminée n’est donnée, il est impossible qu’un effet suive.
  4. La connaissance de l’effet dépend de la connaissance de la cause et l’enveloppe.
  5. Les choses qui n’ont rien de commun l’une avec l’autre ne se peuvent non plus connaître l’une par l’autre ; autrement dit, le concept de l’une n’enveloppe pas le concept de l’autre.
  6. Une idée vraie doit s’accorder avec l’objet dont elle est l’idée.
  7. Toute chose qui peut être conçue comme non existante, son essence n’enveloppe pas l’existence.

Propositions

  1. Une substance est antérieure en nature à ses affections.
  2. Deux substances ayant des attributs différents n’ont rien de commun entre elles.
  3. Si des choses n’ont rien de commun entre elles, l’une d’elles ne peut être cause de l’autre.
  4. Deux ou plusieurs choses distinctes se distinguent entre elles ou bien par la diversité des attributs des substances, ou bien par la diversité des affections des substances.
  5. Il ne peut y avoir dans la nature deux ou plusieurs substances de même nature ou attribut.
  6. Une substance ne peut pas être produite par une autre substance. Corollaire : Il s’ensuit de là qu’une substance ne peut pas être produite par autre chose. Car rien n’est donné dans la Nature sinon les substances et leurs affections.
  7. Il appartient à la nature d’une substance d’exister.
  8. Toute substance est nécessairement infinie. Scolie II : ceux qui jugent des choses confusément […] ne distinguent pas entre les modifications des substances et les substances elle-mêmes et ne savent pas comment les choses sont produites. […] Si, au contraire, les hommes étaient attentifs à la nature de la substance, ils ne douteraient aucunement de la vérité de la Proposition 7 […]. Car on entendrait par substance ce qui est en soi et est conçu par soi, c’est-à-dire ce dont la connaissance n’a pas besoin de la connaissance d’une autre chose ; par modifications, ce qui est en autre chose, le concept des modifications se formant du concept de la chose en quoi elles sont.  C’est pourquoi nous pouvons avoir des idées vraies de modifications non existantes ; bien qu’elles n’existent pas en acte hors de l’entendement, leur essence en effet n’en est pas moins comprise en une autre chose par laquelle on peut la concevoir, tandis que la vérité des substances en-dehors de l’entendement ne réside qu’en elles-mêmes, parce qu’elles se conçoivent par elles-mêmes. […] L’existence d’une substance, tout de même que son essence, est une vérité éternelle. […] Il faut observer : 1°) que la vraie définition de chaque chose n’enveloppe et n’exprime rien sinon la nature de la chose définie. D’où suit : 2°) que nulle définition n’enveloppe et n’exprime jamais aucun nombre déterminé d’individus […]  3°) il faut noter que pour chaque chose existante il y a nécessairement une certaine cause en vertu de laquelle elle existe ; 4°) cette cause doit ou bien être contenue dans la nature même et la définition de la chose existante (alors en effet il appartient à sa nature d’exister) ou bien être donnée en dehors d’elle.
  9. A proportion de la réalité ou de l’être que possède chaque chose, un plus grand nombre d’attributs lui appartiennent.
  10. Chacun des attributs d’une même substance doit être conçu par soi. Scolie I : bien que deux attributs soient conçus comme réellement distincts, c’est-à-dire sans le secours de l’autre, nous ne pouvons en conclure cependant qu’ils constituent deux êtres, c’est-à-dire deux substances différentes, car il est de la nature d’une substance que chacun de ses attributs soit conçu par soi ; puisque tous les attributs qu’elle possède ont toujours été à la fois en elle et que l’un ne peut être produit par l’autre, mais que chacun exprime la réalité ou l’être de la substance. […] Chaque être doit être conçu sous un certain attribut et, à proportion de la réalité ou de l’être qu’il possède, il a un plus grand nombre d’attributs qui expriment et une nécessité, autrement dit une éternité, et une infinité.
  11. Dieu, c’est-à-dire une substance constituée par une infinité d’attributs dont chacun exprime une essence éternelle et infinie, existe nécessairement. […] Cette chose existe nécessairement pour laquelle il n’est donné aucune raison ou cause qui empêche qu’elle n’existe. Si donc aucune raison ou cause ne peut être donnée qui empêche que Dieu n’existe ou ôte son existence, on ne pourra du tout éviter de conclure qu’il existe nécessairement.. Or ni en Dieu ni hors de Dieu il n’est donné aucune raison ou cause qui ôte son existence, et en conséquence Dieu existe nécessairement. […] Pouvoir ne pas exister, c’est impuissance, et, au contraire, pouvoir exister c’est puissance. Si donc ce qui existe à l’instant actuel nécessairement, ce sont seulement des êtres finis, des êtres finis seront plus puissants qu’un Etre absolument infini ; or cela est absurde. Donc, ou bien rien n’existe ou bien un Etre absolument infini existe aussi nécessairement. Scolie : Si pouvoir exister c’est puissance, il s’ensuit que, plus à la nature d’une chose il appartient de réalité, plus elle a par elle-même de forces pour exister […] Je ne parle pas ici de choses qui proviennent de causes extérieures, mais seulement des substances, qui ne peuvent être produites par aucune cause extérieure. car pour les choses qui proviennent de causes extérieures, qu’elles se composent de beaucoup de parties ou d’un petit nombre, tout ce qu’elles ont de perfection ou de réalités est dû à la vertu de la cause extérieure, et ainsi leur existence provient de la seule perfection de cette cause, non de la leur. Au contraire, tout ce qu’une substance a de perfection, cela n’est dû à aucune cause extérieure, c’est pourquoi de sa seule nature doit suivre son existence, qui par là n’est autre chose que son essence. La perfection, donc, d’une chose n’ôte pas l’existence, mais au contraire la pose ; c’est son imperfection qui l’ôte ; et ainsi nous ne pouvons être plus certains de l’existence d’aucune chose que de l’existence d’un Etre absolument infini ou parfait, c’est-à-dire de Dieu. Car, puisque son essence exclut toute imperfection, et enveloppe la perfection absolue, par là même elle ôte toute raison de douter de son existence et en donne une certitude souveraine, comme je crois que le verra toute personne un peu attentive.
  12. De nul attribut d’une substance il ne peut être formé un concept vrai d’où il suivrait que cette substance pût être divisée.
  13. Une substance absolument infinie est indivisible. Corollaire : nulle substance, et par conséquent nulle substance corporelle, en tant qu’elle est une substance, n’est divisible. Scolie : la nature d’une substance ne peut être conçue autrement que comme infinie et […] par partie d’une substance il ne se peut rien entendre sinon une substance finie, ce qui implique une contradiction manifeste.
  14. Nulle substance en dehors de Dieu ne peut être donnée ni conçue. Corollaire I : Il suit de là très clairement : 1°) que Dieu est unique, c’est-à-dire qu’il n’y a dans la nature qu’une seule substance et qu’elle est absolument infinie. Corollaire II : Il suit : 2°) que la chose pensante et la chose étendue sont ou bien des attributs de Dieu ou bien des affections des attributs de Dieu.
  15. Tout ce qui est, est en Dieu et rien ne peut sans Dieu être ni être conçu. Scolie : Il y en a qui forgent un Dieu composé comme un homme d’un corps et d’une âme et soumis aux passions ; combien ceux-là sont éloignés de la vraie connaissance de Dieu, les démonstrations précédentes suffisent à l’établir. [..] Dieu, disent-ils, puisqu’il est un être souverainement parfait, ne peut pâtir ; or la substance corporelle, puisqu’elle est divisible, peut pâtir ; il suit donc qu’elle n’appartient pas à l’essence de Dieu […] Ces arguments se fondent seulement sur ce que l’on suppose la substance corporelle composée de parties, ce que j’ai déjà fait voir qui est absurde. […] Puis donc qu’il n’y a pas de vide dans la Nature mais que toutes les parties doivent convenir entre elles de façon qu’il n’y en ait pas, il suit de là qu’elles ne peuvent se distinguer réellement, c’est-à-dire que la substance corporelle, en tant qu’elle est substance, ne peut pas être divisée. Si cependant l’on demande pourquoi nous inclinons ainsi par nature à diviser la quantité, je réponds que la quantité est conçue par nous en deux manières : savoir abstraitement, c’est-à-dire superficiellement, telle qu’on se la représente par l’imagination, ou comme une substance, ce qui n’est possible qu’à l’entendement. Si donc nous avons égard à la quantité telle qu’elle est dans l’imagination, ce qui est le cas ordinaire et le plus facile, nous la trouverons finie, divisible et composée de parties ; si, au contraire, nous la considérons telle qu’elle est dans l’entendement et la concevons en tant que substance, ce qui est très difficile, azlors, ainsi que nous l’avons assez démontré, nous la trouverons infinie, unique et indivisible. Cela sera assez manifeste à tous ceux qui auront su distinguer entre l’imagination et l’entendement : surtout si l’on prend garde aussi que la matière est la même partout et qu’il n’y a pas en elle de parties distinctes, si ce n’est en tant que nous la concevons comme affectée de diverses manières ; d’où il suit qu’entre ses parties il y a une différence modale seulement et non réelle. […] Tout est en Dieu, et tout ce qui arrive, arrive par les seules lois de la nature infinie de Dieu et suit de la nécessité de son essence.
  16. De la nécessité de la nature divine doivent suivre en une infinité de modes une infinité de choses, c’est-à-dire tout ce qui peut tomber sous un entendement infini. Corollaire I : Il suit de là : 1°) que Dieu est cause efficiente de toutes les choses qui peuvent tomber sous un entendement infini. Corollaire II : 2°) que Dieu est cause par soi et non par accident. Corollaire III : 3°) que Dieu est absolument cause première.
  17. Dieu agit par les seules lois de sa nature et sans subir aucune contrainte. Corollaire I : 1°) Il n’existe aucune cause qui, en dehors de Dieu ou en lui, l’incite à agir, si ce n’est la perfection de sa propre nature. Corollaire II : 2°) Dieu seul est cause libre. Car Dieu seul existe par la nécessité de sa nature et agit par la seule nécessité de sa nature. Scolie : Ni l’entendement ni la volonté n’appartiennent à la nature de Dieu. […] Si un entendement appartient à la nature divine, il ne pourra, comme notre entendement, être de sa nature postérieur aux choses qu’il connaît ou exister en même temps qu’elles, puisque Dieu est antérieur à toute chose par la causalité ; mais au contraire, la vérité et l’essence formelle des choses est telle, parce que telle elle existe objectivement dans l’entendement de Dieu. L’entendement de Dieu, donc, en tant qu’il est conçu comme constituant l’essence de Dieu, est réelllement la cause des choses, aussi bien de leur essence que de leur existence […] Puis donc que l’entendement de Dieu est l’unique cause des choses, c’est-à-dire aussi bien de leur essence que de leur existence, il doit nécessairement différer d’elles tant à l’égard de l’essence qu’à l’égard de l’existence. Le causé, en effet, diffère de sa cause précisément en ce qu’il tient de sa cause. Par exemple, un homme est cause de l’existence mais non de l’essence d’un autre homme, car cette essence est une vérité éternelle. […] Or, l’entendement de Dieu est cause tant de l’essence que de l’existence de notre entendement, donc l’entendement de Dieu en tant qu’on le conçoit comme constituant l’essence divine, diffère de notre entendement tant à l’égard de l’essence que de l’existence et ne peut convenir en rien avec lui, si ce n’est par le nom.
  18. Dieu est cause immanente mais non transitive de toutes choses.
  19. Dieu est éternel, autrement dit tous les attributs de Dieu sont éternels. […] Il faut entendre par attributs de Dieu ce qui exprime l’essence de la nature divine, c’est-à-dire appartient à la substance.
  20. L’existence de Dieu et son essence sont une seule et même chose. Corollaire I : Il suit de là : 1°) que l’existence de Dieu aussi bien que son essence est une vérité éternelle. Corollaire II : 2°) que Dieu est immuable, autrement dit que tous les attributs de Dieu sont immuables.
  21. Tout ce qui suit de la nature d’un attribut de Dieu prise absolument, a toujours dû exister et est infini, autrement dit est infini et éternel par la vertu de cet attribut.
  22. Tout ce qui suit d’un attribut de Dieu, en tant qu’il est affecté d’une modification qui par la vertu de cet attribut existe nécessairement et est infinie, doit aussi exister nécessairement et être infini.
  23. Tou mode qui existe nécessairement et est infini, a dû suivre nécessairement ou bien de la nature d’un attribut de Dieu prise absolument, ou bien d’un attribut affecté d’une modification qui elle-même est nécessaire et est infinie.
  24. L’essence des choses produites par Dieu n’enveloppe pas l’existence. Corollaire : Il suit de là que Dieu n’est pas seulement la cause qui fait que les choses commencent d’exister ; mais aussi celle qui fait qu’elles persévèrent dans l’existence, autrement dit Dieu est cause de l’être des choses.
  25. Dieu n’est pas seulement cause efficiente de l’existence, mais aussi de l’essence des choses. Scolie : au sens où Dieu est dit cause de soi, il doit être dit aussi cause de toutes choses. Corollaire : Les choses particulières ne sont rien si ce n’est des affections des attributs de Dieu, autrement dit des modes, par lesquels les attributs de Dieu sont exprimés d’une manière certaine et déterminée.
  26. Une chose qui est déterminée à produire quelque effet a été nécessairement déterminée de la sorte par Dieu ; et celle qui n’a pas été déterminée par Dieu ne peut se déterminer elle-même à produire un effet.
  27. Une chose qui est déterminée par Dieu à produire quelque effet, ne peut se rendre elle-même indéterminée.
  28. Une chose singulière quelconque, autrement dit toute chose qui est finie et a une existence déterminée, ne peut exister et être déterminée à produire quelque effet, si elle n’est déterminée à exister et à produire cet effet par une autre cause qui est elle-même finie et a une existence déterminée ; et à son tour, cette cause ne peut non plus exister et être déterminée à produire quelque effet, si elle n’est déterminée à exister et à produire cet effet par une autre qui est aussi finie et a une existence déterminée, et ainsi à l’infini. Démonstration :  Tout ce qui est déterminé à exister et à produire quelque effet, est déterminé de la sorte par Dieu. Mais ce qui est fini et a une existence déterminée n’a pu être produit par la nature d’un attribut de Dieu prise absolument ; car tout ce qui suit de la nature d’un attribut de DIeu prise absolument est infini et éternel. Cette chose a donc dû suivre de Dieu ou d’un de ses attributs, en tant qu’on le considère comme affecté d’une certaine modification ; car en dehors de la substance et des modes, rien n’est donné, et les modes ne sont rien sinon des affections des attributs de Dieu. Mais cette chose n’a pu suivre de Dieu ni d’un de ses attributs en tant qu’il est affecté d’une modification qui est éternelle et infinie. Elle a donc dû suivre de Dieu ou être déterminée à exister et à produire quelque effet par Dieu ou l’un de ses attributs, en tant qu’il est affecté d’une modification qui est finie et a une existence déterminée. Maintenant, cette cause, à son tour, ou ce mode, a dû aussi être déterminée par une autre qui est aussi finie et a une existence déterminée, et ainsi à l’infini. Scolie : Comme certaines choses ont dû être produites immédiatement par Dieu, à savoir celles qui suivent nécessairement de sa nature considérée absolument, et d’autres, qui ne peuvent cependant ni être, ni être conçues sans Dieu, par l’intermédiaires des premières, il suit de là : 1°) qu’à l’égard des choses immédiatement produites par lui, Dieu est cause prochaine absolument ; mais non en son genre, comme on dit. Car les effets de Dieu ne peuvent ni être, ni être conçus sans leur cause. Il suit : 2°) que Dieu ne peut pas être dit proprement cause éloignée des choses singulières, si ce n’est peut-être afin de les distinguer de celles qu’il a produites immédiatement ou plutôt qui suivent de sa nature prise absolument. Car nous entendons par cause éloignée une cause telle qu’elle ne soit en aucune façon liée à son effet. Et tout ce qui est, est en Dieu et dépend de Dieu de telle sorte qu’il ne puisse ni être, ni être conçu sans lui.
  29. Il n’est rien donné de contingent dans la nature, mais tout y est déterminé par la nécessité de la nature divine à exister et à produire quelque effet d’une certaine manière. Tout est déterminé par la nécessité de la nature divine, non seulement à exister, mais aussi à produire quelque effet d’uine certaine manière. Scolie : On doit entendre par Nature Naturante ce qui est en soi et est conçu par soi, à savoir ces attributs de la substance qui expriment une essence éternelle et infinie, ou encore Dieu en tant qu’il est considéré comme cause libre. Par Nature Naturée, j’entends tout ce qui suit de la nécessité de la nature de Dieu, autrement dit de celle de chacun de ses attributs, ou encore tous les modes des attributs de Dieu, en tant qu’on les considère comme des choses qui sont en Dieu et ne peuvent sans Dieu ni être ni être conçues.
  30. Un entendement, actuellement fini ou actuellement infini, doit comprendre les attributs de Dieu et les affections de Dieu et nulle autre chose. Démonstration : Une idée vraie doit s’accorder avec l’objet dont elle est l’idée, c’est-à-dire : ce qui est contenu objectivement dans l’entendement doit être nécessairement donné dans la nature ; or il n’est donné dans la Nature qu’une substance unique, à savoir Dieu ; et il n’est pas d’autres affections que celles qui sont en Dieu et qui ne peuvent sans Dieu ni être ni être conçues.
  31. L’entendement en acte, qu’il soit fini ou infini, comme aussi la volonté, le désir, l’amour, etc., doivent être rapportés à la Nature Naturée et non à la Naturante. Démonstration : Par entendement, en effet, nous entendons non la pensée absolue, mais seulement un certain mode du penser, lequel diffère des autres tels que le désir, l’amour, etc., et doit en conséquence être conçu par le moyen de la pensée absolue ; il doit être conçu, dis-je, par le moyen d’un attribut de Dieu exprimant l’essence éternelle et infinie de la pensée, et cela de telle façon qu’il ne puisse sans cet attribut ni être, ni être conçu et, pour cette raison, il doit être rapporté à la Nature Naturée et non à la Naturante, de même que les autres modes du penser. Scolie : la raison pour laquelle je parle ici d’un entendement en acte n’est pas que j’accorde l’existence d’un entendement en puissance ; mais, désirant éviter toute confusion, je n’ai voulu parler que de la chose la plus clairement perçue par nous, à savoir l’action même de connaître.
  32. La volonté ne peut pas être appelée cause libre, mais seulement cause nécessaire.

EN CHANTIER

6 commentaires
  1. ashdee permalink

    Bon, ça dépend! (ça faisait un bail que je l’avais pas casé celui-là!)

  2. ashdee permalink

    Ethoque – Ashdee

  3. lionel permalink

    je vais prendre 2 dolipranes!….. peut etre 3 finalement….les tics de spinoza!!……( pfffffff! )

  4. Adigalia permalink

    G. C.

  5. Benjamin permalink

    Moi aussi, c’est pareil, j’essaie… Mais avec Spino c’est TGC…

  6. Particulièrement courageux de mettre ce texte – très difficile – sur un billet. Dieu cause de soi, c’est le grand sujet qui traverse tout le Moyen-Age. Car comment imaginer un Dieu qui existe par une autre cause que lui-même ? Curieusement les philosophes se sont cassés le nez sur le même problème, qui, entre nous, ne sera jamais résolu. Spinoza a eu le mérite de bien le formaliser.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :