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Charles Foster Kane, force de Coriolis

16 décembre 2008

Je ne vois pas dans "Rosebud" l’enfance perdue seulement, mais la séparation d’avec la mère (même s’il s’agit d’une mère sèche et peu maternelle, mais à sa décharge qui gère un mari alcoolique – peu maternelle par nécessité, en fait, par devoir).
L’énorme énergie de Kane, sa quête, ce qu’il amasse monstrueusement : tout est vain, rien ne tient devant cet amour perdu. Tonneau des Danaïdes, son cœur, le monde même qu’il cherche à remplir, rien ne l’accueille.
Entasse richesse sur richesse, tu t’es trompé de quête, Mr Kane. Montre monstrueusement le tintamarre de ta vie, peuple ton silence d’autant de bruit que tu peux, ton vide d’autant de bibelots et de clinquant que tu peux. Vanité.
Il manque une pièce au puzzle, dit le journaliste enquêteur de l’histoire : pièce manquante, béance, "Rosebud", ce "rien", ce "vide" autour de quoi toute une vie se sera agencée pour périr seule entourée de l’amas clamé de ses erreurs et de son errance.
Kane, c’est la force de Coriolis, spirale puissante autour d’un manque, et s’enroulent et s’enrôlent en ce mouvement la vie et tout ce qui s’y trouve et s’y rencontre.

Montaigne écrivit, il le dit, parce qu’il avait perdu son ami La Boétie. Il ne cessa d’écrire autour de la mort.

  Miroirs : vie curve de Kane le démultipliant mais revenant au même infiniment.

One Comment
  1. Michel permalink

    Orson Welles l’immense…

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