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Moralités des Fables de La Fontaine et citations

24 septembre 2008

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En violet : moralités proprement dites.
En marron : citations hors moralités proprement dites (moins évident à partir du livre VII où se confondent davantage commentaires personnels et moralités proprement dites).
LIVRE I
  1. (…) tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. (Le Corbeau et le Renard)
  2. (…) tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs, tout petit Prince a des ambassadeurs, tout Marquis veut avoir des pages. (La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf)
  3. (…) il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi. (Les Deux Mulets)
  4. Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court toujours. (Le Loup et le Chien)
  5. « Elle doit être à moi, dit-il, et la raison est que je m’appelle Lion : à cela l’on a rien à dire. » (La Génisse, la Chèvre et la Brebis, en société  avec le Lion)
  6. (…) tout ce que nous sommes, Lynx envers nos pareils, et Taupes envers nous, nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes : on se voit d’un autre oeil qu’on ne voit son prochain. Le fabricant souverain nous créa Besaciers tous de même manière ; tant ceux du temps passé que du temps d’aujourd’hui. Il fit pour nos défauts la poche de derrière, et celle de devant pour les défauts d’autrui.(La Besace)
  7. Nous n’écoutons d’instincts que ceux qui sont les nôtres, et ne croyons le mal que quand il est venu. (L’Hirondelle et les Petits Oiseaux)
  8. (…) fi du plaisir que la crainte peut corrompre. (Le Rat des ville et le Rat des champs)
  9. La raison du plus fort est toujours la meilleure. (Le Loup et l’Agneau)
  10. On ne peut trop louer trois sortes de personnes : les Dieux, sa Maîtresse et son Roi. Malherbe le disait ; j’y souscris quant à moi : ce sont Maximes toujours bonnes. La louange chatouille, et gagne les esprits : les faveurs d’une Belle en sont souvent le prix. (Simonide préservé par les Dieux)
  11. Plutôt souffrir que mourir, c’est la devise des hommes. (La Mort et le Bûcheron)
  12. Trompeurs, c’est pour vous que j’écris : attendez-vous à la pareille. (Le Renard et la Cigogne)
  13. Hé mon ami, tire-moi de danger ; tu feras après ta harangue. (L’Enfant et le Maître d’école)
  14. A l’œuvre on connaît l’artisan. / On fait tant à la fin que l’huître est pour le Juge, les écailles pour les plaideurs. (Les Frelons et les Mouches à miel)
  15. Tout vous est Aquilon ; tout me semble Zéphir. (Le Chêne et le Roseau)
  16. Je plie et ne romps pas. (Le Chêne et le Roseau)
  17. (…) il déracine celui de qui la tête au Ciel était voisine, et dont les pieds touchaient à l’empire des morts. (Le Chêne et le Roseau)
LIVRE II
  1. (…) les délicats sont malheureux ; rien ne saurait les satisfaire. (Contre ceux qui ont le goût difficile)
  2. Ne faut-il que délibérer, la cour en Conseillers foisonne; est-il besoin d’exécuter, l’on ne rencontre plus personne. (Conseil tenu par les rats)
  3. Le Juge prétendait qu’à tort et à travers on ne saurait manquer condamnant un pervers. (Le Loup plaidant contre le Renard par-devant le Singe)
  4. Hélas ! on voit que de tout temps les petits ont pâti des sottises des grands. (Les Deux Taureaux et une Grenouille)
  5. Le Sage dit selon les gens : « Vive le Roi », « Vive la Ligue ». (La Chauve-Souris et les Deux Belettes)
  6. Des enfants de Japet toujours une moitié fournira des armes à l’autre. (L’Oiseau blessé d’une flèche)
  7. Ce qu’on donne aux méchants, toujours on le regrette. (La Lice et sa Compagne)
  8. (…) entre nos ennemis les plus à craindre sont souvent les plus petits. (Le Lion et le Moucheron)
  9. (…) aux grands périls tel a pu se soustraire, qui périt pour la moindre affaire. (Le Lion et le Moucheron)
  10. (…) il ne faut point agir chacun de même sorte. (L’Ane chargé d’éponges, et l’Ane chargé de sel)
  11. Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde : on a souvent besoin d’un plus petit que soi. (Le Lion et le Rat)
  12. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. (Le Lion et le Rat)
  13. (…) point de Pigeon pour une obole. (La Colombe et la Fourmi)
  14. Or, du hasard, il n’est point de science : s’il en était, on aurait tort de l’appeler hasard, ni fortune, ni sort, toutes choses très incertaines. Quant aux volontés souveraines de celui qui fait tout, et rien qu’avec dessein, qui les sait que lui seul ? comment lire en son sein ? Aurait-il imprimé sur le front des Etoiles ce que la nuit des temps enferme dans ses voiles ? A quelle utilité ? pour exercer l’esprit de ceux qui de la Sphère et du Globe ont écrit ? pour nous faire éviter des maux inévitables ? nous rendre dans les biens de plaisirs incapables ? et causant du dégoût pour ces bien prévenus, les convertir en maux devant qu’ils soient venus ? C’est erreur, ou plutôt c’est crime de le croire. Le Firmament se meut ; les Astres font leur cours ; le Soleil nous luit tous les jours, tous les jours sa clarté succède à l’ombre noire, sans que nous puissions autre chose inférer que la nécessité de luire et d’éclairer, d’amener les saisons, de mûrir les semences, de verser sur les corps certaines influences. Du reste, en quoi nrépond au sort toujours divers ce train toujours égal dont marche l’Univers ? Charlatans, faiseurs d’Horoscope, quittez les Cours des Princes de l’Europe (…). (L’Astrologue qui se laisse tomber dans un puits)
  15. Un Lièvre en son gîte songeait (car que faire en un gîte, à moins que l’on ne songe ?) ; dans un profond ennui ce Lièvre se plongeait : cet animal est triste, et la crainte le ronge. (Le Lièvre et les Grenouilles)
  16. Il n’est, je le vois bien, si poltron sur la terre, qui ne puisse trouver un plus poltron que soi. (Le Lièvre et les Grenouilles)
  17. (…) c’est double plaisir de tromper le trompeur. (Le Coq et le Renard)
  18. Il faut se mesurer, la conséquence est nette. Mal prend aux Volereaux de faire les Voleurs. L’exemple est un dangereux leurre : tous les mangeurs de gens ne sont pas grand Seigneurs : où la Guêpe a passé, le Moucheron demeure. (Le Corbeau voulant imiter l’Aigle)
  19. (…) tant le naturel a de force. Il se moque de tout, certain âge accompli. Le vase est imbibé, l’étoffe a pris son pli. En vain de son train ordinaire on le veut désaccoutumer. Quelque chose qu’on puisse faire, on ne saurait le réformer. Coups de fourche ni d’étrivières ne lui font changer de manières ; et, fussiez-vous embâtonnés, jamais vous n’en serez les Maîtres. Qu’on lui ferme la porte au nez, il reviendra par les fenêtres. (La Chatte métamorphosée en femme)
LIVRE III
  1. L’invention des Arts étant un droit d’aînesse, nous devons l’apologue à l’ancienne Grèce. Mais ce champ ne se peut tellement moissonner que les derniers venus n’y trouvent à glaner. La Feinte est un pays plein de terres désertes : tous les jours nos Auteurs y font des découvertes. (Le Meunier, son Fils et l’Ane)
  2. « Si je suivais les miens, je saurais où buter ; mais j’ai les miens, la Cour, le Peuple à contenter. » Malherbe là-dessus : « Contenter tout le monde ! (…) » (Le Meunier, son Fils et l’Ane)
  3. « Je suis Ane, il est vrai, j’en conviens, je l’avoue : mais que dorénavant on me blâme, on me loue ; qu’on dise quelque chose, on qu’on ne dise rien ; j’en veux faire à ma tête. » Il le fit, et fit bien. Quant à vous suivez Mars, ou l’Amour, ou le Prince ; allez, venez, courez, demeurez en Province ; prenez Femme, Abbaye, Emploi, Gouvernement : les Gens en parleront, n’en doutez nullement. (Le Meunier, son Fils et l’Ane)
  4. Toujours par quelque endroit Fourbes se laissent prendre: quiconque est Loup agisse en Loup; c’est le plus certain de beaucoup. (Le Loup devenu Berger)
  5. En toute chose il faut considérer la fin. (Le Renard et le Bouc)
  6. Que ne sait point ourdir une langue traîtresse par sa pernicieuse adresse ! Des malheurs qui sont sortis de la boîte de Pandore, celui qu’à meilleur droit tout l’Univers abhorre, c’est la fourbe, à mon avis. (L’Aigle, la Laie et la Chatte)
  7. Chacun a son défaut où toujours il revient ; honte ni peur n’y remédie. (L’Ivrogne et sa Femme)
  8. « Avec plus de raison nous aurions le dessus, si mes Confrères savaient peindre. » (Le Lion abattu par l’Homme)
  9. Ainsi dans les dangers qui nous suivent en croupe le doux parler ne nuit point. (Le Cygne et le cuisinier)
  10. (…) il faut faire aux méchants guerre continuelle. La Paix est fort bonne de soi : j’en conviens ; mais de quoi sert-elle avec des ennemis sans foi ? (Les Loups et les brebis)
  11. Je ne suis pas de ceux qui disent : « Ce n’est rien : c’est une femme qui se noie. » Je dis que c’est beaucoup ; et ce sexe vaut bien que nous le regrettions, puisqu’il fait notre joie. (La Femme noyée)
  12. (…) la méfiance est mère de la sûreté. (Le Chat et un Vieux Rat)
LIVRE IV
  1. Du temps que les bêtes parlaient (…). (Le Lion amoureux)
  2. (…)  fille se coiffe volontiers d’un amoureux à longue crinière. (Le Lion amoureux)
  3. Amour, amour, quand tu nous tiens, on peut bien dire : Adieu prudence. (Le Lion amoureux)
  4. (…) il faut se contenter de sa condition. (Le Berger et la Mer)
  5. Petits Princes, videz vos débats entre vous. De recourir aux Rois vous seriez de grands fous. Il ne les faut jamais engager dans vos guerres, ni les faire entrer sur vos terres. (Le Jardinier et son Seigneur)
  6. Ne forçons point notre talent ; nous ne ferions rien avec grâce. Jamais un lourdaud, quoi qu’il fasse, ne saurait passer pour galant. Peu de gens, que le Ciel chérit et gratifie, ont le don d’agréer infus avec la vie. (L’Ane et le Petit Chien)
  7. Une tête empanachée n’est pas petit embarras. Le trop superbe équipage peut souvent en un passage causer du retardement. Les petits en toute affaire esquivent fort aisément ; les grands ne le peuvent faire. (Le Combat des Rats et des Belettes)
  8. De telles gens il est beaucoup, qui prendraient Vaugirard pour Rome, et qui, caquetants au plus dru, parlent de tout et n’ont rien vu. (Le Singe et le Dauphin)
  9. L’accoutumance ainsi nous rend tout familier. (Le Chameau et les Bâtons flottants)
  10. (…)  de loin c’est quelque chose, et de près ce n’est rien. (Le Chameau et les Bâtons flottants)
  11. Tel, comme dit Merlin, cuide engeigner autrui, qui souvent s’engeigne soi-même. (La Grenouille et le Rat)
  12. La ruse la mieux ourdie peut nuire à son inventeur ; et souvent la perfidie retourne sur son auteur. (La Grenouille et le Rat)
  13. Econduire un Lion rarement se pratique. (Tribut envoyé par les animaux à Alexandre)
  14. Corsaires à Corsaires l’un l’autre s’attaquant ne font pas leurs affaires. (Tribut envoyé par les animaux à Alexandre)
  15. Hélas que sert la bonne chère quand on n’a pas la liberté ! (Le Cheval s’étant voulu venger du cerf)
  16. Quel que soit le plaisir que cause la vengeance, c’est l’acheter trop cher, que l’acheter d’un bien sans qui les autres ne sont rien. (Le Cheval s’étant voulu venger du cerf)
  17. Les Grands pour la plupart sont masques de Théâtre ; leur apparence impose au Vulgaire idolâtre. (Le Renard et le Buste)
  18. Le Biquet soupçonneux par la fente regarde. « Montrez-moi patte blanche, ou je n’ouvrirai point », s’écria-t-il d’abord (patte blanche est un point chez les Loups, comme on sait, rarement en usage). (Le Loup, la Chèvre et le Chevreau)
  19. Deux sûretés valent mieux qu’une ; et le trop en cela ne fut jamais perdu. (Le Loup, la Chèvre et le Chevreau)
  20. Chacun se dit ami ; mais fol qui s’y repose : rien n’est plus commun que ce nom ; rien n’est plus rare que la chose. (Parole de Socrate)
  21. Toute puissance est faible, à moins que d’être unie. (Le Vieillard et ses Enfants)
  22. Vouloir tromper le Ciel, c’est Folie à la Terre. (L’Oracle et l’Impie)
  23. L’usage seulement fait la possession. (L’Avare qui a perdu son trésor)
  24. Il avait dans le terre une Somme enfouie, son coeur avec ; n’ayant autre déduit que d’y ruminer jour et nuit, et rendre sa Chevance à lui-même sacrée. Qu’il allât ou qu’il vînt, qu’il bût ou qu’il mangeât, on l’eût pris bien de court, à moins qu’il ne songeât à l’endroit où gisait cette somme enterrée. (L’Avare qui a perdu son trésor)
  25. « Il n’est pour voir que l’oeil du Maître. » Quant à moi, j’y mettrais encor l’oeil de l’amant.(L’Oeil du Maître)
  26. Ne t’attends qu’à toi seul. (L’Alouette et ses petits avec le Maître d’un champ)
  27. Il n’est meilleur ami ni parent que soi-même. (L’Alouette et ses petits avec le Maître d’un champ)
LIVRE V
  1. Vous voulez qu’on évite un soin trop curieux, et des vains ornements l’effort ambitieux. Je le veux comme vous ; cet effort ne peut plaire. Un auteur gâte tout quand il veut trop bien faire. Non qu’il faille bannir certains traits délicats : vous les aimez ces traits, et je ne les hais pas. Quant au principal but qu’Esope se propose, j’y tombe au moins mal que je puis. Enfin, si dans ces Vers je ne plains ni n’instruis, il ne tient pas à moi, c’est toujours quelque chose. Comme la force est un point dont je ne me pique point, je tâche d’y tourner le vice en ridicule, ne pouvant l’aatquer avec des bras d’Hercule. C’est là tout mon talent : je ne sais s’il suffit. Tantôt je peins en un récit la sotte vanité jointe avecques l’envie, deux pivots sur qui roule aujourd’hui notre vie. Tel est ce chétif Animal qui voulut en grosseur au Boeuf se rendre égal. J’oppose quelquefois, par une double image, le vice à la vertu, la sottise au bon sens, les Agneaux aux Loups ravissants, la Mouche à la Fourmi ; faisant de cet ouvrage une ample Comédie à cent actes divers, et dont la scène est l’Univers. (Le Bûcheron et Mercure)
  2. Ne point mentir, être content du sien, c’est le plus sûr. (Le Bûcheron et Mercure)
  3. Ne nous associons qu’avecque nos égaux ; ou bien il nous faudra craindre le destin d’un de ces Pots. (Le Pot de terre et le Pot de fer)
  4. Petit poisson deviendra grand, pourvu que Dieu lui prête vie. Mais le lâcher en attendant, je tiens pour moi que c’est folie ; car de le rattraper il n’est pas trop certain. (Le Petit Poisson et le Pêcheur)
  5. Un tien vaut, ce dit-on, mieux que deux tul’auras, l’un est sûr, l’autre ne l’est pas. (Le Petit Poisson et le Pêcheur)
  6. C’est ainsi que le plus souvent, quand on pense sortir d’une mauvaise affaire, on s’enfonce encor plus avant […]. (La Vieille et les deux servantes)
  7. Arrière ceux dont la bouche souffle le chaud et le froid. (Le Satyre et le Passant)
  8. (…) chacun à son métier doit toujours s’attacher. (Le Cheval et le Loup)
  9. Travaillez, prenez de la peine : c’est le fonds qui manque le moins. (Le Laboureur et ses Enfants)
  10. (…) le travail est un trésor. (Le Laboureur et ses Enfants)
  11. Est-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures, on pense en être quitte en accusant son sort. Bref la Fortune a toujours tort. (La Fortune et le Jeune Enfant)
  12. L’Avarice perd tout en voulant tout gagner. (La Poule aux oeufs d’or)
  13. D’un magistrat ignorant c’est la robe qu’on salue. (L’Ane portant des reliques)
  14. Il ne se faut jamais moquer des misérables : car qui peut s’assurer d’être toujours heureux ? (Le Lièvre et la Perdrix)
  15. (…) la commune Loi, qui veut qu’on trouve son semblable beau, bien fait, et sur tous aimable. (L’Aigle et le Hibou)
  16. Le Monarque prudent et sage de ses moindres Sujets sait tirer quelque usage, et connaît les divers talents : il n’est rien d’inutile aux personnes de sens. (Le Lion s’en allant en guerre)
  17. (…) il ne faut jamais vendre la peau de l’Ours qu’on ne l’ait mis à terre. (L’Ours et les Deux Compagnons)

LIVRE VI

  1. Les Fables ne sont pas ce qu’elles semblent être. Le plus simple Animal nous y tient lieu de Maître. Une Morale nue apporte de l’ennui ; le Conte fait passer le précepte avec lui. En ces sortes de feintes il faut instruire et plaire, et conter pour conter me semble peu d’affaire. C’est par cette raison qu’égayant leur esprit nombre de Gens fameux en ce genre ont écrit. Tous ont fui l’ornement et le trop d’étendue. On ne voit point chez eux de parole perdue. Phèdre était si succinct qu’aucuns l’en ont blâmé. Esope en moins de mots s’est encore exprimé. Mais sur tous certain Grec renchérit et se pique d’une élégance laconique. Il renferme toujours son conte en quatre Vers ; bien ou mal, je le laisse à juger aux experts. (Le Pâtre et le Lion)
  2. La vraie épreuve du courage n’est que dans le danger que l’on touche du doigt. Tel le cherchait, qui changeant de langage s’enfuit aussitôt qu’il le voit. (Le Pâtre et le Lion)
  3. Plus fait Douceur que Violence. (Phébus et Borée)
  4. (…) la Providence sait ce qu’il nous faut, mieux que nous. (Jupiter et le Métayer)
  5. Garde-toi, tant que tu vivras, de juger des gens sur la mine. (Le Cochet, le Chat et le Souriceau)
  6. « Prétendrais-tu nous gouverner encor, ne sachant pas te conduire toi-même ? » (Le Renard, le Singe et les Animaux)
  7. Quand le Malheur ne serait bon qu’à mettre un Sot à la raison, toujours serait-ce à juste cause qu’on le dit bon à quelque chose. (Le Mulet se vantant de sa généalogie)
  8. Notre Ennemi c’est notre Maître. (Le Vieillard et l’Ane)
  9. Nous faisons cas du Beau, nous méprisons l’Utile ; et le Beau souvent nous détruit. (Le Cerf se voyant dans l’eau)
  10. Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. (Le Lièvre et la Tortue)
  11. Notre condition jamais ne nous contente : la pire est toujours la présente. Nous fatiguons le Ciel à force de placets. Qu’à chacun Jupiter accorde sa requête, nous lui romprons encor la tête. (L’Ane et ses Maîtres)
  12. Il est bon d’être charitable : mais envers qui, c’est là le point. Quant aux ingrats, il n’en est point qui ne meure enfin misérable. (Le Villageois et le Serpent)
  13. « (…) dans cet Antre je vois fort bien comme l’on entre, et ne vois pas comme on en sort. » (Le Lion malade et le Renard)
  14. Les injustices des Pervers servent souvent d’excuse aux nôtres. Telle est la loi de l’Univers ; Si tu veux qu’on t’épargne, épargne aussi les autres. (L’Oiseleur, l’Autour, et l’Alouette).
  15. En ce monde il se faut l’un l’autre secourir. Si ton voisin vient à mourir, c’est sur toi que le fardeau tombe. (Le cheval et l’Ane)
  16. Chacun se trompe ici-bas. On voit courir après l’ombre tant de Fous, qu’on n’en sait pas la plupart du temps le nombre. (Le Chien qui lâche sa proie pour l’ombre)
  17. Aide-toi, le Ciel t’aidera. (Le Chartier embourbé)
  18. C’est folie de compter sur dix ans de vie. Soyons bien buvants, bien mangeants, nous devons à la mort de trois l’un en dix ans. (Le Charlatan)
  19. La perte d’un Epoux ne va point sans soupirs. On fait beaucoup de bruit, et puis on se console. Sur les ailes du Temps la Tristesse s’envole ; le Temps ramène les plaisirs. Entre la Veuve d’une année et la Veuve d’une journée la différence est grande : on ne croirait jamais que ce fût la même personne. L’une a fait fuir les Gens, et l’autre a mille attraits. (Le Jeune Veuve)
  20. Bornons ici cette carrière. Les longs OUvrages me font peur. Loin d’épuiser une matière, on n’en doit prendre que la fleur. (Epilogue)

LIVRE VII

  1. Les Tourterelles se fuyaient ; plus d’amour, partant plus de joie. (Les Animaux malades de la peste)
  2. A ces mots on cria haro sur le baudet. (Les Animaux malades de la peste)
  3. Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir. (Les Animaux malades de la peste)
  4. Que le bon soit toujours camarade du beau, dès demain je chercherai femme ; mais comme le divorce entre eux n’est pas nouveau, et que peu de beaux corps, hôtes d’une belle âme, assemblent l’un et l’autre point, ne trouvez pas mauvais que je ne cherche point. J’ai vu beaucoup d’Hymens, aucuns d’eux ne me tentent : cependant des humains presque les quatre parts s’exposent hardiment au plus grand des hasards ; les quatre parts aussi des humains se repentent. (Le mal marié)
  5. Un jour sur ses longs pieds allait je ne sais où, le Héron au long bec emmanché d’un long cou. (Le Héron)
  6. Ne soyons pas si difficiles : les plus acommodants, ce sont les plus habiles : on hasarde de perdre en voulant trop gagner. Gardez-vous de ne rien dédaigner ; surtout quand vous avez à peu près votre compte. (Le Héron)
  7. Et d’hindou qu’il était on vous le fait lapon. (Les Souhaits)
  8. Souhaiter, ce n’est pas une peine étrange et nouvelle aux humains. (Les Souhaits)
  9. Ils demandèrent la sagesse ; c’est un trésor qui n’embarrasse point. (Les Souhaits)
  10. L’Ours boucha sa narine : il se fût bien passé de faire cette mine, sa grimace déplut. Le Monarque irrité l’envoya chez Pluton faire le dégoûté. (La Cour du Lion)
  11. Ne soyez à la Cour, si vous voulez y plaire, ni fade adulateur, ni parleur trop sincère ; et tâchez quelquefois de réponde en Normand. (La Cour du Lion)
  12. Il plut du sang ; je n’exagère point. Si je voulais conter de point en point tout le détail je manquerais d’haleine. (Les Vautours et les Pigeons)
  13. Tenez toujours divisés les méchants ; la sûreté du reste de la terre dépend de là : semez entre eux la guerre, ou vous n’aurez avec eux nulle paix. (Les Vautours et les Pigeons)
  14. (…) certaines gens faisant les empressés s’introduisent dans les affaires : ils font partout les nécessaires ; et, partout importuns, devraient être chassés. (Le Coche et la Mouche)
  15. Légère et court vêtue, elle allait à grands pas. (La Laitière et le Pot au lait)
  16. Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée (La Laitière et le Pot au lait)
  17. Quel esprit ne bat la campagne ? Qui ne fait de châteaux en Espagne ? Pichrochole, Pyrrhus, la Laitière, enfin tous, autant les sages que les fous ? Chacun songe en veillant, il n’est rien de plus doux : une flatteuse erreur emporte alors nos âmes : tout le bien du monde est à nous, tous les honneurs, toutes les femmes. Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ; je m’écarte, je vais détrôner le Sophi ; on mélit roi, mon peuple m’aime ; les diadèmes vont sur ma tête pleuvent : quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ; je suis gros Jean comme devant.(La Laitière et le Pot au lait)
  18. La Fortune a-t-elle des yeux ? Et puis la papauté vaut-elle ce qu’on quitte, le repos, le repos, trésor si précieux qu’on en faisait jadis le trésor des Dieux ? Rarement la Fortune à ses hôtes le laisse. (L’Homme qui court après la Fortune, et l’Homme qui l’attend dans son lit)
  19. (…) nul n’est prophète en son pays (…) (L’Homme qui court après la Fortune, et l’Homme qui l’attend dans son lit)
  20. Heureux qui vit chez soi ; de régler ses désirs faisant tout son emploi. (L’Homme qui court après la Fortune, et l’Homme qui l’attend dans son lit)
  21. Tout vainqueur insolent à sa perte travaille. Défions-nous du sort, et prenons garde à nous, après le gain d’une bataille. (Les Deux Coqs)
  22. Le bien nous le faisons, le mal c’est la fortune, on a toujours raison, le destin toujours tort. (L’Ingratitude et l’Injustice des hommes envers la Fortune)
  23. C’est souvent du hasard que naît l’opinion ; et c’est l’opinion qui fait toujours la vogue. Je pourrais fonder ce prologue sur gens de tous états ; tout est prévention, cabale, entêtement, point ou peu de justice : c’est un torrent ; qu’y faire ? il faut qu’il ait son cours, cela fut et sera toujours. (Les Devineresses)
  24. L’enseigne fait la chalandise. (Les Devineresses)
LIVRE VIII
  1. Alléguer l’impossible aux Rois, c’est un abus. (Le Lion, le Loup, et le Renard)
  2. Messieurs le courtisans, cessez de vous détruire : faites si vous pouvez votre cour sans vous nuire. Le mal se rend chez vous au quadruple du bien. Les daubeurs ont leur tour, d’une ou d’autre manière : vous êtes dans une carrière où l’on ne se pardonne rien. (Le Lion, le Loup, et le Renard)
  3. Nous sommes tous d’Athène en ce point ; et moins-même, au moment que je fais cette moralité, si peau d’âne m’étais conté, j’y prendrais un plaisir extrême ; le monde est vieux, dit-on ; je le crois, cependant il le faut amuser encor comme un enfant. (Le Pouvoir des Fables)
  4. Rien ne pèse tant qu’un secret ; le porter loin est difficle aux Dames : et je sais sur ce fait bon nombre d’hommes qui sont femmes. (Les Femmes et le Secret)
  5. Nous n’avons pas les yeux à l’épreuve des belles, ni les mains à celle de l’or : peu de gens gardent un trésor avec des soins assez fidèles. (Le Chien qui porte à son cou le dîné de son maître)
  6. (…) tous tant que nous sommes nous nous laissons tenter à l’approche des biens. (Le Chien qui porte à son cou le dîné de son maître)
  7. On cherche les Rieurs ; et moi que je les évite. Cet art veut sur tout autre un suprême mérite. Dieu ne créa que pour les sots les méchants diseurs de bons mots. (Le Rieur et les Poissons)
  8. Ceux qui n’ont du monde aucune expérience sont aux moindres objets frappés d’étonnement (…) (Le Rat et l’Huître)
  9. (…) tel est pris qui croyait prendre. (Le Rat et l’Huître)
  10. (…) la raison d’ordinaire n’habite pas longtemps chez les gens séquestrés (L’Ours et l’Amateur des jardins)
  11. Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ; mieux vaudrait un sage ennemi. (L’Ours et l’Amateur des jardins)
  12. Qu’un véritable ami est une douce chose. Il cherche vos besoins au fond de votre coeur ; il vous épargne la pudeur de les lui découvrir vous-même. Un songe, un rien, tout lui fait peur quand il s’agit de ce qu’il aime. (Les Deux amis)
  13. Quand le mal est certain, la plainte ni la peur ne changent le destin ; et le moins prévoyant est toujours le plus sage. (Le Cochon, la Chèvre et le Mouton)
  14. Je définis la cour un pays où les gens, tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents, sont ce qu’il plaît au Prince, ou s’ils ne peuvent l’être, tâchent au moins de le paraître, peuple caméléon, peuple singe du maître ; on dirait qu’un esprit anime mille corps ; c’est bien là que les gens sont de simples ressorts. (Les Obsèques de la Lionne)
  15. Amusez les Rois par des songes, flattez-les, payez-les d’agréables mensonges, quelque indignation dont leur coeur soit rempli, ils goberont l’appât, vous serez leur ami. (Les Obsèques de la Lionne)
  16. Se croire un personnage est fort commun en France. On y fait l’homme d’importance, et l’on est souvent qu’un Bourgeois : c’est proprement le mal françois. La sotte vanité nous est particulière. Les Espagnols sont vains, mais d’une autre manière. Leur orgueil me semble en un mot beaucoup plus fou, mais pas si sot. (Le Rat et l’Eléphant)
  17. On rencontre sa destinée souvent par des chemins qu’on prend pour l’éviter. (L’Horoscope)
  18. (…) quoi qu’on fasse, propos, conseil, enseignement, rien ne change un tempérament. (L’Horoscope)
  19. Plus l’obstacle était grand, plus fort fut le désir. (L’Horoscope)
  20. Je ne crois point que la nature se soit lié les mains, et nous les lie encor, jusqu’au point de marquer dans les cieux notre sort. Il dépend d’une conjoncture de lieux, de personnes, de temps ; non des conjonctions de tous ces charlatans. Ce Berger et ce Roi sont sous même Planète ; l’un d’eux porte le sceptre et l’autre la houlette : Jupiter le voulait ainsi. Qu’est-ce que Jupiter ? un corps sans connaissance. D’où vient donc que son influence agit différemment sur ces deux hommes-ci ? Puis comment pénétrer jusques à notre monde ? Comment percer des airs la campagne profonde ? Percer Mars, le Soleil, et des vides sans fin ? Un atome la peut détourner en chemin : où l’iront retrouver les faiseurs d’Horoscope ? (L’Horoscope)
  21. Tout aveugle et menteur qu’est cet art, il peut frapper au but une fois entre mille ; ce sont des effets du hasard. (L’Horoscope)
  22. Il se faut entraider, c’est la loi de nature (…). (L’Ane et le Chien)
  23. Laissez dire les sots ; le savoir a son prix. (L’Avantage de la science)
  24. Une traîtresse voix bien souvent vous appelle ; ne vous pressez donc nullement (…). (Le Faucon et le Chapon)
  25. S’assure-t-on sur l’alliance qu’a faite la nécessité ? (Le Chat et le Rat)
  26. Les gens sans bruit sont dangereux ; il n’en est pas ainsi des autres. (Le Torrent et la Rivière)
  27. On ne suit pas toujours ses aïeux ni son père : le peu de soin, le temps, tout fait qu’on dégénère : faute de cultiver la nature et ses dons, ô combien de Césars deviendront Laridons ! (L’Education)
  28. L’homme est ainsi bâti : quand un sujet l’enflamme l’impossibilité disparaît de son âme. (Les Deux Chiens et l’Ane mort)
  29. Tout cela, c’est la mer à boire ; mais rien à l’homme ne suffit : pour fournir aux projets que forme un seul esprit il faudrait quatre corps ; encor loin d’y suffire à mi-chemin je crois que tous demeureraient : quatre Mathusalems bout à bout ne pourraient mettre à fin ce qu’un seul désire. (Les Deux Chiens et l’Ane mort)
  30. Que j’ai toujours haï les pensers du vulgaire ! Qu’il me semble profane, injuste, et téméraire ; mettant de faux milieux entre la chose et lui, et mesurant par soi ce qu’il voit en autrui ! (Démocrite et les Abdéritains)
  31. Aucun n’est prophète chez soi. (Démocrite et les Abdéritains)
  32. Fureur d’accumuler, monstre de qui les yeux regardent comme un point tous les bienfaits des Dieux, te combattrai-je en vain sans cesse en cet ouvrage ? Quel temps demandes-tu pour suivre mes leçons ? L’homme, sourd à ma voix comme à celle du sage, ne dira-t-il jamais : « C’est assez, jouissons » ? Hâte-toi, mon ami ; tu n’as pas tant à vivre. Je te rebats ce mot ; car il faut tout un livre. Jouis. – Je le ferai. – Mais quand donc ? – Dès demain. – Eh ! mon ami, la mort peut te prendre en chemin. Jouis dès aujour’hui : redoute un sort semblable à celui du Chasseur et du Loup de ma fable. (Le Loup et le Chasseur)

LIVRE IX

  1. Tout homme ment, dit le Sage. (Le Dépositaire infidèle)
  2. Quand l’absurde est outré, l’on lui fait trop d’honneur de vouloir par raison combattre son erreur ; enchérir est plus court, sans s’échauffer la bile. (Le Dépositaire infidèle)
  3. Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ? Que ce soit aux rives prochaines ; soyez-vous l’un à l’autre un monde toujours beau, toujours divers, toujours nouveau ; tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste ; j’ai quelquefois aimé ; je n’aurais pas alors, contre le Louvre et ses trésors, contre le firmament et sa voûte céleste, changé les bois, changé les lieux honorés par les pas, éclairés par les yeux de l’aimable et jeune bergère, pour qui sous le fils de Cythère je servis, engagé dans mes premiers serments. Hélas ! quand reviendront de semblables moments ? Faut-il que tant d’objets si doux et si charmants me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ? Ah si mon coeur osait encor se renflammer ! Ne sentirai-je plus de charme qui m’arrête ? Ai-je passé le temps d’aimer ? (Les Deux Pigeons)
  4. (…) ce n’est pas sur l’habit que la diversité me plaît, c’est dans l’esprit : l’une fournit toujours des choses agréables ; l’autre en moins d’un moment lasse les regardants. O que de grands Seigneurs, au Léopard semblables, n’ont que l’habit pour tous talents ! (Le Singe et le Léopard)
  5. Dieu fait bien ce qu’il fait. (Le Gland et la Citrouille)
  6. Je hais les pièces d’éloquence hors de leur place, et qui n’ont point de fin ; et ne sais bête au monde pire que l’Ecolier, si ce n’est le Pédant. (L’Ecolier, le Pédant, et le Maître d’un jardin)
  7. On tient toujours du lieu dont on vient (…). (La Souris métamorphosée en fille)
  8. Parlez au diable, employez la magie, vous ne détournerez nul être de sa fin. (La Souris métamorphosée en fille)
  9. Jamais auprès des fous ne te mets à portée. (Le Fou qui vend la sagesse)
  10. Je ne vois point de créature se comporter modérément. (Rien de trop)
  11. Rien de trop est un point dont on parle sans cesse, et qu’on n’observe point. (Rien de trop)
  12. O combien le péril enrichirait les Dieux, si nous nous souvenions des voeux qu’il nous fait faire ! Mais le péril passé, l’on ne se souvient guère de ce qu’on a promis aux Cieux ; on compte seulement ce qu’on doit à la terre. (Jupiter et le Passager)
  13. Le trop d’expédients peut gâter une affaire ; on perd du temps au choix, on tente, on veut tout faire. N’en ayons qu’un, mais qu’il soit bon. (Le Chat et le Renard)
  14. (…) la plus forte passion c’est la peur ; elle fait vaincre l’aversion ; et l’amour quelquefois ; quelquefois il la dompte (…). (Le Mari, la Femme, et le Voleur)
  15. L’avare rarement finit ses jours sans pleurs : il a moins de part au trésor qu’il enserre, thésaurisant pour les voleurs, pour ses parents, ou pour la terre. (Le Trésor, et les Deux Hommes)
  16. Ventre affamé n’a point d’oreilles. (Le Milan et le Rossignol)
  17. Haranguez de méchants soldats, ils promettront de faire rage ; mais au moindre danger adieu tout leur courage : votre exemple et vos cris ne les retiendront pas. (Le Berger et son Troupeau)
  18. Laissons le monde, et sa croyance : la bagatelle, la science, les chimères, le rien, tout est bon : je soutiens qu’il faut de tout aux entretiens : c’est un parterre, où Flore épand ses biens ; sur différentes fleurs l’Abeille s’y repose, et fait du miel de toute chose. (Discours à Madame de la Sablière)
  19. Que ces Castors ne soient qu’un corps vide d’esprit, jamais on ne pourra m’obliger à le croire. (Discours à Madame de la Sablière)
  20. Nous agissons tout autrement [selon René Descartes, que La Fontaine cherche à réfuter ici sur la théorie de l’animal-machine]. La volonté nous détermine, non l’objet ni l’instinct. Je parle, je chemine ; je sens en moi certain agent ; tout obéit dans ma machine à ce principe intelligent. Il est distinct du corps, se conçoit nettement, se conçoit mieux que le corps même : de tous nos mouvements, c’est l’arbitre suprême. Mais comment le corps l’entend-il ? C’est là le point : je vois l’outil obéir à la main ; mais la main, qui la guide ? Eh ! qui guide les Cieux, et leur course rapide ? Quelque Ange est attaché peut-être à ces grands corps. Un esprit vit en nous, et meut tous nos ressorts : l’impression se fait. Le moyen, je l’ignore. On ne l’apprend qu’au sein de la Divinité ; et, s’il faut en parler avec sincérité, Descartes l’ignorait encore. Nous et lui là-dessus nous sommes tous égaux. Ce que je sais Iris, c’est qu’en ces animaux dont je viens de citer l’exemple, cet esprit n’agit pas, l’homme est seul en son temple. Aussi faut-il donner à l’animal un point, que la plante après tout n’a point. Cependant la plante respire (…). (Discours à Madame de la Sablière)
  21. Deux rats cherchaient leur vie, ils trouvèrent un Oeuf. (Les Deux Rats, le Renard et l’Oeuf)
  22. Nécessité l’ingénieuse leur fournit une invention. (Les Deux Rats, le Renard et l’Oeuf)
  23. Qu’on m’aille soutenir après un tel récit, que les bêtes n’ont point d’esprit. Pour moi si j’en étais le maître, je leur en donnerais aussi bien qu’aux enfants. Ceux-ci pensent-ils pas dès leur plus jeunes ans ? Quelqu’un donc peut penser ne se pouvant connaître. (Les Deux Rats, le Renard et l’Oeuf)

Suite ici : https://benjaminscisso.wordpress.com/2009/04/04/la-fontaine-moralites-des-fables-suite/

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2 commentaires
  1. Je suis tres deçue car je ne l’ai trouver nul part 😦 😥 vraiment dommage essayer de l’avoir svp 😥

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