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Rilke, Elegies de Duino # 1

27 juillet 2008

 

rainer_maria_rilke_portrait

 

Qui, si je criais, m’entendrait donc, parmi les ordres d’anges ? et à supposer même que l’un me prît soudain à cœur : je périrais de sa présence plus forte. Car le beau n’est rien que le commencement du terrible, que, juste encore, nous supportons ; et nous l’admirons tant parce que, serein, il dédaigne de nous détruire. Un ange, quel qu’il soit, est terrible.
Et ainsi, je me maintiens donc et ravale le cri d’appel d’un obscur sanglot. Hélas, de qui savons-nous donc user ? Des anges, non ; des humains, non ; et les bêtes perspicaces le remarquent déjà, que nous ne sommes pas en toute assurance chez nous dans le monde interprété. Il nous reste peut-être quelque arbre sur le versant, que, journellement, nous reverrions ; il nous reste la route d’hier et la fidélité gauchie d’une habitude qui se plut avec nous, et ainsi, elle resta et ne partit pas.
O et la nuit, la nuit […].
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